{"id":1029,"date":"2016-06-18T18:23:16","date_gmt":"2016-06-18T17:23:16","guid":{"rendered":"http:\/\/sjfu.fr\/?p=1029"},"modified":"2019-06-27T14:40:32","modified_gmt":"2019-06-27T13:40:32","slug":"le-conseil-adresse-cinq-recommandations-a-la-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sjfu.fr\/index.php\/2016\/06\/18\/le-conseil-adresse-cinq-recommandations-a-la-france\/","title":{"rendered":"Le Conseil de l&rsquo;Union europ\u00e9enne adresse cinq recommandations \u00e0 la France"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Dans le cadre du <a href=\"https:\/\/sjfu.fr\/index.php\/2016\/06\/15\/comment-mieux-coordonner-les-politiques-economiques-des-etats-membres\/\">semestre europ\u00e9en<\/a>\u00a02016, le Conseil de\u00a0l&rsquo;Union europ\u00e9enne, adresse\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\">cinq recommandations<\/span> \u00e0 la France visant \u00e0 lui permettre de contribuer \u00e0 la r\u00e9alisation des\u00a0objectifs strat\u00e9giques \u00e0 long terme de l&rsquo;Union europ\u00e9enne en faveur de la croissance et de\u00a0l&#8217;emploi.\u00a0Si ces recommandations ne sont pas suivies, ou si la France s&rsquo;engage dans une mauvaise direction, la Commission exercera les nouveaux pouvoirs que lui conf\u00e8re le trait\u00e9 de Lisbonne: elle peut adresser des <strong>avertissements politiques<\/strong>, voire, en dernier ressort, imposer des\u00a0<strong>sanctions<\/strong>.<\/strong><br \/>\n<!-- Favicons --><!-- For IE 9 and below. 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Elles\u00a0ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablies\u00a0\u00e0 la suite d&rsquo;une \u00e9valuation particuli\u00e8rement s\u00e9v\u00e8re de sa politique \u00e9conomique.<\/strong> Dans le cadre du semestre europ\u00e9en, la Commission a en effet proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une analyse compl\u00e8te de la politique \u00e9conomique de la France, qu&rsquo;elle a publi\u00e9e dans son rapport 2016. Elle a \u00e9galement \u00e9valu\u00e9 le programme de stabilit\u00e9 et le programme national de r\u00e9forme, ainsi que les suites donn\u00e9es aux recommandations adress\u00e9es \u00e0 la France les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Elle a tenu compte non seulement de leur bien-fond\u00e9 dans l&rsquo;optique d&rsquo;une politique budg\u00e9taire et socio-\u00e9conomique soutenable en France, mais aussi de leur conformit\u00e9 avec les r\u00e8gles et les orientations de l&rsquo;Union, eu \u00e9gard \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de renforcer la gouvernance \u00e9conomique globale de l&rsquo;Union par la contribution de cette derni\u00e8re aux futures d\u00e9cisions nationales. Les recommandations figurant aux points 1) \u00e0 5) refl\u00e8tent cette \u00e9valuation de la Commission, approuv\u00e9e par le Conseil\u00a0\u00ab\u00a0Affaires \u00e9conomiques et financi\u00e8res\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La France\u00a0rel\u00e8ve actuellement du volet correctif du pacte de stabilit\u00e9 et de croissance.\u00a0<\/strong>Dans son programme de stabilit\u00e9 pour 2016, le gouvernement pr\u00e9voit de corriger le d\u00e9ficit excessif en 2017, conform\u00e9ment \u00e0 la recommandation du Conseil de\u00a0l&rsquo;Union europ\u00e9enne du 10 mars 2015. Le d\u00e9ficit nominal devrait continuer \u00e0 diminuer pour atteindre 1,2 % du PIB en 2019. L&rsquo;objectif budg\u00e9taire \u00e0 moyen terme \u2013 un d\u00e9ficit structurel de 0,4 % du PIB \u2013 devrait \u00eatre atteint d&rsquo;ici \u00e0 2018. Selon le programme de stabilit\u00e9, le ratio de la dette publique au PIB devrait culminer \u00e0 96,5 % du PIB en 2017, avant de d\u00e9cro\u00eetre pour atteindre 93,3 % du PIB en 2019. Le Conseil de\u00a0l&rsquo;Union europ\u00e9enne estime que ce sc\u00e9nario macro\u00e9conomique qui sous-tend les projections budg\u00e9taires est globalement plausible. Toutefois, il consid\u00e8re que les mesures n\u00e9cessaires pour atteindre les objectifs pr\u00e9vus en mati\u00e8re de d\u00e9ficit \u00e0 partir de 2017 n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 suffisamment pr\u00e9cis\u00e9es. Sur la base des pr\u00e9visions du printemps 2016 de la Commission, le d\u00e9ficit nominal devrait atteindre 3,4 % du PIB en 2016, conform\u00e9ment au d\u00e9ficit recommand\u00e9 par le Conseil de\u00a0l&rsquo;Union europ\u00e9enne en 2015. <strong>En 2017, le d\u00e9ficit nominal devrait atteindre, \u00e0 politiques constantes, 3,2 % du PIB, ce qui signifie que le d\u00e9ficit excessif risque de ne pas \u00eatre corrig\u00e9 dans le d\u00e9lai prescrit<\/strong>. L&rsquo;effort budg\u00e9taire recommand\u00e9 ne devrait pas \u00eatre fourni en 2016 et 2017, la strat\u00e9gie budg\u00e9taire de la France reposant principalement sur l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une am\u00e9lioration de la conjoncture et d&rsquo;une persistance des taux bas, laquelle est hors du contr\u00f4le des autorit\u00e9s et comporte donc des risques de non-conformit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Se fondant sur son \u00e9valuation du programme de stabilit\u00e9 et tenant compte des pr\u00e9visions du printemps 2016 de la Commission, le Conseil de\u00a0l&rsquo;Union europ\u00e9enne estime que, bien qu&rsquo;il soit actuellement pr\u00e9vu que la France atteigne son objectif en mati\u00e8re de d\u00e9ficit nominal en 2016, <strong>il existe un risque que notre pays\u00a0ne respecte pas les dispositions du pacte de stabilit\u00e9 et de croissance<\/strong>. Par cons\u00e9quent, le Conseil estime n\u00e9cessaire que des mesures suppl\u00e9mentaires soient prises\u00a0pour assurer une correction durable du d\u00e9ficit excessif d&rsquo;ici \u00e0 2017.<br \/>\n<strong>Le ratio des d\u00e9penses publiques au PIB en France est l&rsquo;un des plus \u00e9lev\u00e9s de l&rsquo;Union<\/strong> et, en d\u00e9pit d&rsquo;une l\u00e9g\u00e8re baisse en 2015, reste nettement sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne de la zone euro. La France met actuellement en oeuvre un plan visant \u00e0 r\u00e9duire les d\u00e9penses publiques de 50 milliards d&rsquo;euros par rapport \u00e0 la croissance tendancielle entre 2015 et 2017 dans toutes les administrations publiques, mais le Conseil consid\u00e8re que cela ne permettra peut-\u00eatre pas de r\u00e9duire significativement les d\u00e9penses publiques. Selon cette instance de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, d\u00e9tailler les mesures sur lesquelles reposent ces r\u00e9ductions de d\u00e9penses, tout en veillant \u00e0 ce que les mesures d&rsquo;\u00e9conomies tiennent compte du taux d&rsquo;inflation proche de z\u00e9ro, contribuerait \u00e0 renforcer l&rsquo;efficacit\u00e9 de ce plan.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une r\u00e9duction suppl\u00e9mentaire du ratio des d\u00e9penses selon les plans d\u00e9finis reste difficile, eu \u00e9gard aux faibles r\u00e9sultats du processus d&rsquo;identification de larges domaines de r\u00e9duction potentielle des d\u00e9penses et aux r\u00e9sultats jusqu&rsquo;ici modestes des revues de d\u00e9penses. Dans le secteur du logement, la France d\u00e9pense presque deux fois plus que ses pairs europ\u00e9ens, sans que les r\u00e9sultats sur le march\u00e9 de l&rsquo;immobilier soient sensiblement meilleurs.<strong> Il serait possible de pr\u00e9server la capacit\u00e9 d&rsquo;investissement des collectivit\u00e9s locales en combinant la r\u00e9duction pr\u00e9vue des dotations de l&rsquo;\u00c9tat avec un renforcement du contr\u00f4le de leurs d\u00e9penses, et notamment une limitation de la croissance de leurs d\u00e9penses de fonctionnement.<\/strong> Les revues de d\u00e9penses pourraient constituer un outil adapt\u00e9 pour recenser les possibilit\u00e9s d&rsquo;\u00e9conomies dans ce domaine. De plus, la r\u00e9forme r\u00e9cente de l&rsquo;administration locale est susceptible de renforcer l&rsquo;efficacit\u00e9 du syst\u00e8me sur le moyen \u00e0 long terme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n&rsquo;est pas possible de r\u00e9aliser d&rsquo;importantes \u00e9conomies \u00e0 court terme sans ralentir consid\u00e9rablement la croissance des d\u00e9penses de s\u00e9curit\u00e9 sociale, qui repr\u00e9sentent plus de la moiti\u00e9 des d\u00e9penses publiques. Le syst\u00e8me de retraite a gagn\u00e9 en soutenabilit\u00e9 en 2015 gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;accord sur les r\u00e9gimes de retraite compl\u00e9mentaires mais il pourrait rester d\u00e9ficitaire sur le court \u00e0 moyen terme, notamment dans des conditions macro\u00e9conomiques d\u00e9favorables. De plus, les r\u00e9formes des retraites men\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment ne devraient permettre de r\u00e9duire le haut niveau actuel du ratio des d\u00e9penses publiques de retraite qu&rsquo;apr\u00e8s 2025. La France s&rsquo;est fix\u00e9 des objectifs ambitieux pour 2016 et 2017 afin de limiter la croissance des d\u00e9penses de sant\u00e9. Ces objectifs pourraient \u00eatre compl\u00e9t\u00e9s par des efforts suppl\u00e9mentaires visant \u00e0 identifier des gains d&rsquo;efficacit\u00e9 sur le moyen \u00e0 long terme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des mesures ont \u00e9t\u00e9 prises pour r\u00e9duire le co\u00fbt du travail et am\u00e9liorer les marges b\u00e9n\u00e9ficiaires des entreprises, par le biais du cr\u00e9dit d&rsquo;imp\u00f4t pour la comp\u00e9titivit\u00e9 et l&#8217;emploi de 20 milliards d&rsquo;euros et de l&rsquo;all\u00e8gement des cotisations patronales de 10 milliards d&rsquo;euros suppl\u00e9mentaires en vertu du pacte de responsabilit\u00e9 et de solidarit\u00e9. Selon le Conseil de\u00a0l&rsquo;Union europ\u00e9enne, la mani\u00e8re dont ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7ues ces mesures, qui repr\u00e9sentent 1,5 % du PIB et contribuent \u00e0 combler l&rsquo;\u00e9cart de co\u00fbt du travail entre la France et la moyenne de la zone euro, pourrait limiter leur efficacit\u00e9. Il est pr\u00e9vu que ces mesures d&rsquo;\u00e9conomies fassent l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9valuations dont les r\u00e9sultats appuieront la prise de d\u00e9cision sur leurs caract\u00e9ristiques futures, afin de faire en sorte qu&rsquo;elles atteignent leurs objectifs en mati\u00e8re d&rsquo;efficacit\u00e9. Ces \u00e9valuations devraient s&rsquo;int\u00e9resser tout particuli\u00e8rement aux effets sur la formation des salaires et sur l&#8217;emploi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le contexte actuel de ch\u00f4mage \u00e9lev\u00e9, le co\u00fbt du travail au salaire minimum risque de freiner l&#8217;emploi des personnes peu qualifi\u00e9es. Le salaire minimum est \u00e9lev\u00e9 par rapport au salaire m\u00e9dian, mais son co\u00fbt a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit par des exon\u00e9rations de cotisations sociales. Une augmentation du salaire minimum entra\u00eene une augmentation de salaire pour la plupart des cat\u00e9gories de travailleurs et comporte le risque de compresser les salaires vers le haut. En raison du m\u00e9canisme de revalorisation du salaire minimum, les hausses du salaire moyen et l&rsquo;\u00e9volution du salaire minimum sont \u00e9troitement corr\u00e9l\u00e9es, ce qui retarde l&rsquo;ajustement des salaires n\u00e9cessaire dans une situation \u00e9conomique d\u00e9favorable.<br \/>\n<strong>Le Conseil de\u00a0l&rsquo;Union europ\u00e9enne estime que les r\u00e9formes men\u00e9es r\u00e9cemment n&rsquo;ont donn\u00e9 aux employeurs que peu de possibilit\u00e9s pour d\u00e9roger aux accords de branche.<\/strong> Cela concerne tous les aspects des conditions d&#8217;emploi, notamment les salaires, le temps de travail et les conditions d&#8217;emploi et de travail, et limite la capacit\u00e9 des entreprises \u00e0 moduler leurs effectifs en fonction de leurs besoins. \u00c0 l&rsquo;heure actuelle, les branches professionnelles peuvent emp\u00eacher les entreprises de d\u00e9terminer, au cas par cas et apr\u00e8s n\u00e9gociations avec les partenaires sociaux, les conditions de d\u00e9rogation aux accords de branche en mati\u00e8re de temps de travail. Les d\u00e9rogations aux accords de branche et aux dispositions juridiques g\u00e9n\u00e9rales sur les conditions d&#8217;emploi, par l&rsquo;interm\u00e9diaire d&rsquo;accords d&rsquo;entreprise, pourraient \u00eatre facilit\u00e9es, en concertation avec les partenaires sociaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>En 2015, le taux de ch\u00f4mage a atteint 10,4 %.<\/strong> Le ch\u00f4mage touche particuli\u00e8rement les jeunes, les ressortissants de pays tiers et les travailleurs peu qualifi\u00e9s. La dualit\u00e9 du march\u00e9 du travail ne cesse d&rsquo;augmenter, avec d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, les travailleurs dipl\u00f4m\u00e9s de l&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur embauch\u00e9s en contrats \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e et de l&rsquo;autre, une proportion constante de travailleurs occupant des emplois peu qualifi\u00e9s de plus en plus pr\u00e9caires. La part des contrats \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e de moins d&rsquo;un mois dans l&#8217;emploi total a progress\u00e9 et avoisinait les 70 % en 2015. <strong>Selon le Conseil de\u00a0l&rsquo;Union europ\u00e9enne, le cadre juridique r\u00e9gissant les contrats de travail, en particulier la l\u00e9gislation sur le licenciement des salari\u00e9s titulaires d&rsquo;un contrat \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e, est susceptible de favoriser la forte segmentation du march\u00e9 du travail.<\/strong> La d\u00e9gradation persistante de la situation sur le march\u00e9 du travail met \u00e0 mal la soutenabilit\u00e9 du syst\u00e8me d&rsquo;assurance-ch\u00f4mage. Le d\u00e9ficit devrait atteindre, selon les projections de f\u00e9vrier 2016, 4,5 milliards d&rsquo;euros en 2015, 4,2 milliards d&rsquo;euros en 2016 et 3,6 milliards d&rsquo;euros en 2017. La dette du syst\u00e8me passerait alors de 25,8 milliards d&rsquo;euros en 2015 \u00e0 30,0 milliards d&rsquo;euros en 2016 et 33,6 milliards d&rsquo;euros en 2017. Le calcul des allocations de ch\u00f4mage favorise l&rsquo;encha\u00eenement d&#8217;emplois \u00e0 temps plein de courte dur\u00e9e, au d\u00e9triment des emplois \u00e0 mi-temps de longue dur\u00e9e, et incite les employeurs \u00e0 proposer des emplois de courte dur\u00e9e, qui devront \u00eatre compl\u00e9t\u00e9s par le versement de prestations sociales. De plus, les caract\u00e9ristiques du syst\u00e8me d&rsquo;assurance-ch\u00f4mage, en particulier les conditions d&rsquo;\u00e9ligibilit\u00e9 et la d\u00e9gressivit\u00e9 des allocations de ch\u00f4mage, sont susceptibles de d\u00e9courager le retour \u00e0 l&#8217;emploi.<br \/>\n<strong>Le passage de l&rsquo;\u00e9cole au monde du travail reste difficile, surtout pour les jeunes les moins qualifi\u00e9s.<\/strong> Le recours \u00e0 l&rsquo;apprentissage diminue parmi les cat\u00e9gories les moins qualifi\u00e9es, alors que les strat\u00e9gies diff\u00e8rent d&rsquo;une r\u00e9gion \u00e0 l&rsquo;autre et que la capacit\u00e9 du syst\u00e8me \u00e0 s&rsquo;adapter aux nouveaux besoins de l&rsquo;\u00e9conomie est limit\u00e9e. L&rsquo;offre de formation pour les ch\u00f4meurs, les travailleurs peu qualifi\u00e9s et les salari\u00e9s de PME demeure insuffisante. La r\u00e9forme en cours de la formation professionnelle, notamment en ce qui concerne la gouvernance, les incitations et les services de conseil, et le nouveau plan de formation pr\u00e9vu pour les ch\u00f4meurs doivent encore \u00eatre pleinement mis en oeuvre et devraient \u00eatre renforc\u00e9s. La coop\u00e9ration insuffisante entre les diff\u00e9rents acteurs de la formation professionnelle continue emp\u00eache toute r\u00e9partition efficace des ressources. Le compte d&rsquo;activit\u00e9 personnel, en pr\u00e9paration, pourrait contribuer \u00e0 r\u00e9\u00e9quilibrer l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la formation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La France continue de se classer \u00e0 un niveau moyen pour ce qui est de l&rsquo;environnement des entreprises, notamment en ce qui concerne les contraintes r\u00e9glementaires, pour lesquelles elle est mal class\u00e9e dans les comparaisons internationales. Le programme de simplification se poursuit comme pr\u00e9vu, mais sa mise en oeuvre est in\u00e9gale, notamment pour ce qui est des mesures ciblant les entreprises, et des probl\u00e8mes subsistent dans un certain nombre de domaines.<br \/>\nPar rapport \u00e0 d&rsquo;autres \u00c9tats membres, l&rsquo;\u00e9conomie fran\u00e7aise se caract\u00e9rise par un nombre disproportionn\u00e9 de petites entreprises, ce qui limite leur niveau de productivit\u00e9. Les initiatives prises r\u00e9cemment pour att\u00e9nuer l&rsquo;impact des crit\u00e8res de taille ne devraient pas avoir d&rsquo;incidence significative sur la croissance des entreprises, compte tenu notamment de leur champ d&rsquo;application limit\u00e9 et du caract\u00e8re temporaire de certaines mesures. En cons\u00e9quence,<strong> les effets de seuil continueront de freiner la croissance des entreprises fran\u00e7aises<\/strong>.<br \/>\nLa concurrence dans les services s&rsquo;est am\u00e9lior\u00e9e dans certains secteurs, mais des obstacles subsistent dans d&rsquo;autres secteurs, en particulier dans les services aux entreprises, dont une grande partie n&rsquo;a en effet pas \u00e9t\u00e9 concern\u00e9e par les r\u00e9formes r\u00e9centes, et les industries de r\u00e9seau. Un certain nombre de barri\u00e8res \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e et de r\u00e9glementations, ainsi que des tarifs, brident l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique des professions r\u00e9glement\u00e9es et p\u00e8sent sur la productivit\u00e9 d&rsquo;autres secteurs qui font appel \u00e0 ces services. L&rsquo;adoption de la loi Macron en 2015 a permis de r\u00e9duire certaines contraintes mais des efforts suppl\u00e9mentaires s&rsquo;imposent. D&rsquo;autres probl\u00e8mes d\u00e9coulent de l&rsquo;application restrictive des exigences en mati\u00e8re d&rsquo;autorisation.<br \/>\n<strong>La France reste \u00e0 la tra\u00eene des \u00c9tats membres champions de l&rsquo;innovation dans l&rsquo;Union<\/strong>, malgr\u00e9 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de l&rsquo;aide publique dans ce domaine. Ces quinze derni\u00e8res ann\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par une multiplication et une instabilit\u00e9 des dispositifs publics de soutien \u00e0 l&rsquo;innovation, ce qui suscite des craintes quant \u00e0 la coordination, la coh\u00e9rence et l&rsquo;efficacit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rales de ces dispositifs. Cette situation nuit tout particuli\u00e8rement aux PME.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le taux des pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires est l&rsquo;un des plus \u00e9lev\u00e9s de l&rsquo;Union<\/strong>. Sa composition n&rsquo;est pas propice \u00e0 la croissance \u00e9conomique, dans la mesure o\u00f9 elle p\u00e8se lourdement sur les facteurs de production mais relativement peu sur la consommation. La fiscalit\u00e9 des entreprises a commenc\u00e9 \u00e0 diminuer l\u00e9g\u00e8rement en 2014 et la France a commenc\u00e9 \u00e0 se rapprocher de la moyenne de l&rsquo;Union en mati\u00e8re de fiscalit\u00e9 environnementale, mais les recettes de TVA restent faibles, tant dans la part du PIB qu&rsquo;en pourcentage de l&rsquo;imposition totale, en raison des taux bas de cet imp\u00f4t, de l&rsquo;application g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des taux r\u00e9duits et du nombre \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;exon\u00e9rations par rapport \u00e0 la moyenne de l&rsquo;UE. Hormis la suppression progressive de la contribution sociale de solidarit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s, actuellement en cours, et la suppression de l&rsquo;imp\u00f4t exceptionnel sur les soci\u00e9t\u00e9s, des mesures concr\u00e8tes doivent \u00eatre prises pour atteindre l&rsquo;objectif annonc\u00e9 d&rsquo;une r\u00e9duction \u00e0 28 % du taux nominal de l&rsquo;imp\u00f4t sur les soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;ici \u00e0 2020.<br \/>\n<strong>Le syst\u00e8me fiscal est tr\u00e8s complexe.<\/strong> Le nombre de taxes inefficaces, dont le rendement est nul ou faible, reste \u00e9lev\u00e9 et l&rsquo;imposition des revenus des personnes physiques est particuli\u00e8rement complexe, ce qui a un co\u00fbt administratif significatif. En d\u00e9pit de l&rsquo;introduction de l&rsquo;obligation d&rsquo;\u00e9valuer et de contr\u00f4ler r\u00e9guli\u00e8rement les d\u00e9penses fiscales dans la loi de programmation des finances publiques 2014-2019, la r\u00e9duction des d\u00e9penses fiscales pr\u00e9vue pour 2016 est modeste apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es d&rsquo;augmentation.<br \/>\nDans l&rsquo;ensemble, <strong>les obstacles \u00e0 l&rsquo;investissement priv\u00e9 sont limit\u00e9s<\/strong>, les principaux \u00e9tant la lourdeur de la r\u00e9glementation et le niveau \u00e9lev\u00e9 de l&rsquo;imp\u00f4t sur les soci\u00e9t\u00e9s. Le climat de l&rsquo;investissement aurait tout \u00e0 gagner d&rsquo;une am\u00e9lioration de l&rsquo;environnement des entreprises, d&rsquo;une r\u00e9duction des imp\u00f4ts sur la production et sur les soci\u00e9t\u00e9s et d&rsquo;une simplification du syst\u00e8me fiscal. Toutes les mesures prises pour am\u00e9liorer la comp\u00e9titivit\u00e9-co\u00fbts et hors co\u00fbts des entreprises fran\u00e7aises sont susceptibles d&rsquo;accro\u00eetre les niveaux d&rsquo;investissement et d&rsquo;encourager les entreprises \u00e0 investir dans le capital physique et humain, en vue d&rsquo;am\u00e9liorer la productivit\u00e9. Le potentiel de croissance \u00e0 long terme est \u00e9galement limit\u00e9 par l&rsquo;atonie des investissements dans les activit\u00e9s d&rsquo;innovation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour en savoir davantage:<br \/>\n<a href=\"http:\/\/data.consilium.europa.eu\/doc\/document\/ST-9200-2016-INIT\/fr\/pdf\">Recommandations du Conseil de l&rsquo;Union europ\u00e9enne concernant le programme national de r\u00e9forme de la France pour 2016\u00a0et portant avis du Conseil sur le programme de stabilit\u00e9 de la France pour 2016<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"qua-blog-post-description\">Dans le cadre du semestre europ\u00e9en\u00a02016, le Conseil de\u00a0l&rsquo;Union europ\u00e9enne, adresse\u00a0cinq recommandations \u00e0 la France visant \u00e0 lui permettre de contribuer \u00e0 la r\u00e9alisation des\u00a0objectifs strat\u00e9giques \u00e0 long terme de l&rsquo;Union europ\u00e9enne en faveur de la croissance et de\u00a0l&#8217;emploi.\u00a0Si ces recommandations ne sont pas suivies, ou si la France s&rsquo;engage dans une mauvaise direction, la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[96,95,53,97],"class_list":["post-1029","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","tag-conseil-de-lunion-europeenne","tag-conseil-europeen","tag-deficits-excessifs","tag-recommandation"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sjfu.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1029","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sjfu.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sjfu.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sjfu.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sjfu.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1029"}],"version-history":[{"count":26,"href":"https:\/\/sjfu.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1029\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4776,"href":"https:\/\/sjfu.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1029\/revisions\/4776"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sjfu.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1029"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sjfu.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1029"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sjfu.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1029"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}