{"id":1823,"date":"2017-05-10T15:55:54","date_gmt":"2017-05-10T14:55:54","guid":{"rendered":"http:\/\/sjfu.fr\/intranet\/?p=1823"},"modified":"2017-05-11T10:59:18","modified_gmt":"2017-05-11T09:59:18","slug":"reagissez-a-la-lecture-de-lavant-projet-de-livre-blanc-des-juridictions-financieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sjfu.fr\/intranet\/2017\/05\/10\/reagissez-a-la-lecture-de-lavant-projet-de-livre-blanc-des-juridictions-financieres\/","title":{"rendered":"R\u00e9agissez \u00e0 la lecture de l&rsquo;avant-projet de livre blanc des juridictions financi\u00e8res"},"content":{"rendered":"<p>Ch\u00e8res coll\u00e8gues, chers coll\u00e8gues,<\/p>\n<p>A l\u2019issue de leurs travaux en ateliers, les membres du syndicats, r\u00e9unis en congr\u00e8s, les 17 et 18 novembre dernier, ont d\u00e9cid\u00e9 de r\u00e9diger un livre blanc consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019avenir des juridictions financi\u00e8res. A cette fin, une \u00e9quipe projet compos\u00e9e de 12 adh\u00e9rents s\u2019est r\u00e9unie en s\u00e9minaire le 13 mars, sous la conduite de Anne Beneteau et Carole Collinet, afin de d\u00e9finir le plan de ce livre blanc et d\u2019en organiser la r\u00e9daction.<\/p>\n<p>Les diff\u00e9rents contributeurs se sont r\u00e9unis \u00e0 nouveau le mercredi 26 avril en conf\u00e9rence t\u00e9l\u00e9phonique afin de relire l\u2019avant avant-projet, adapter \u2013 \u00e0 la marge \u2013 le plan qui avait \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli lors du s\u00e9minaire du 13 mars et organiser le processus de consultation des adh\u00e9rents.<\/p>\n<div style=\"width: 382px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/sjfu.fr\/intranet\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Avant-projet-de-Livre-blanc-du-Syndicat-des-juridictions-financi\u00e8res_version-10-mai-2017.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full\" src=\"http:\/\/www.sihp.fr\/usrimg\/Fotolia_20426550_XS.jpg\" width=\"372\" height=\"323\"><\/a><p class=\"wp-caption-text\">Cliquez sur l&rsquo;ic\u00f4ne pour t\u00e9l\u00e9charger l&rsquo;avant-projet de livre blanc<\/p><\/div>\n<p>L\u2019avant-projet, baptis\u00e9 \u00ab<a href=\"https:\/\/sjfu.fr\/intranet\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Avant-projet-de-Livre-blanc-du-Syndicat-des-juridictions-financi\u00e8res_version-10-mai-2017.pdf\"> document martyr<\/a> \u00bb, vous est diffus\u00e9 aujourd\u2019hui par l\u2019interm\u00e9diaire des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de section. Il est \u00e9galement disponible sur l\u2019Intranet du syndicat. Il appartiendra \u00e0 votre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de section d\u2019organiser un d\u00e9bat au sein de votre section afin de renforcer l\u2019ad\u00e9quation de ce texte avec vos attentes tout en conservant le caract\u00e8re r\u00e9aliste et volontaire des propositions formul\u00e9es, garant de la cr\u00e9dibilit\u00e9 de notre organisation syndicale.<\/p>\n<p>Je vous demande \u00e0 ce stade de consultation, d\u2019en garantir la confidentialit\u00e9.<\/p>\n<p>Les observations, remarques, propositions d\u2019amendement devront \u00eatre adress\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9quipe projet (courriel: livreblanc@sjfu.fr), par l\u2019interm\u00e9diaire de votre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de section, avant fin mai, de fa\u00e7on \u00e0 permettre la r\u00e9daction, d\u00e9but juin, d\u2019un projet de livre blanc \u00e0 soumettre, pour validation, au conseil national de notre organisation syndicale r\u00e9uni le 20 juin 2017, \u00e0 la Cour des comptes.<\/p>\n<p>Je tiens tout \u00e0 remercier tous les contributeurs et tout particuli\u00e8rement Anne et Carole, pour leurs fortes implications ce qui a permis la production d\u2019un avant-projet reprenant l\u2019essentiel de nos propositions syndicales, sous une forme \u00e0 la fois claire, structur\u00e9e et concise.<\/p>\n<p>Cet avant-projet de libre blanc, r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 plusieurs mains, est bien s\u00fbr perfectible, y compris dans sa r\u00e9daction. Vos contributions visant \u00e0 l\u2019am\u00e9liorer sont les bienvenues.<\/p>\n<p>Amiti\u00e9s syndicales,<\/p>\n<p>Vincent SIVRE<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Avant-projet de<\/strong><strong>Livre blanc&nbsp;<\/strong><strong>des juridictions financi\u00e8res<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">&nbsp;<strong>Mai 2017<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>La soci\u00e9t\u00e9 a le droit de demander compte \u00e0 tout agent public de son administration<\/em><\/p>\n<p>(article 15 de la D\u00e9claration des droits de l\u2019homme et du citoyen).<\/p>\n<h5><strong>&nbsp;<\/strong><\/h5>\n<p><strong>Nos 26 propositions<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le Syndicat des juridictions financi\u00e8res propose&nbsp;:<\/p>\n<ol>\n<li>de simplifier le r\u00e9gime de responsabilit\u00e9 personnelle et p\u00e9cuniaire des comptables publics, en rempla\u00e7ant la double sanction (d\u00e9bet et somme non r\u00e9missible) par une sanction unique unifi\u00e9e, intelligible et proportionn\u00e9e \u00e0 la gravit\u00e9 du manquement du comptable, toute contestation de la sanction prononc\u00e9e par le juge initial n\u2019\u00e9tant possible que par la voie de l\u2019appel ou de la cassation&nbsp;;<\/li>\n<li>d\u2019instituer un r\u00e9gime de responsabilit\u00e9 des gestionnaires publics devant les juridictions financi\u00e8res, \u00e0 l\u2019instar de ce qui existe dans d\u2019autres pays de l\u2019Union Europ\u00e9enne (Italie, Espagne, par exemple)&nbsp;;<\/li>\n<li>de supprimer la Cour de discipline budg\u00e9taire et financi\u00e8re et transf\u00e9rer ses comp\u00e9tences \u00e0 la Cour des comptes et aux chambres r\u00e9gionales des comptes qui seraient comp\u00e9tentes pour conna\u00eetre les affaires relev\u00e9es dans le cadre des organismes soumis \u00e0 leurs contr\u00f4les&nbsp;; les recours en cassation seraient form\u00e9s devant le Conseil d\u2019\u00c9tat&nbsp;;<\/li>\n<li>de supprimer le plancher d\u2019amende actuellement en vigueur et porter le plafond d\u2019amende au double de son montant actuel (traitement ou salaire brut annuel dans la plupart des cas)&nbsp;;<\/li>\n<li>d\u2019\u00e9tendre la liste des justiciables aux membres du gouvernement et aux ordonnateurs \u00e9lus locaux pour les d\u00e9cisions prises dans le cadre de leurs fonctions et par instructions \u00e9crites&nbsp;;<\/li>\n<li>d\u2019\u00e9tendre la liste des infractions aux irr\u00e9gularit\u00e9s dans des d\u00e9penses de comptabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, aux manquements \u00e0 l\u2019obligation de d\u00e9claration \u00e0 des organismes de s\u00e9curit\u00e9 sociale, \u00e0 l\u2019avantage injustifi\u00e9 \u00e0 soi-m\u00eame et au favoritisme non intentionnel dans le cadre de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la commande publique&nbsp;;<\/li>\n<li>de proscrire aux juridictions financi\u00e8res, dans leurs missions administratives, de recourir \u00e0 des recommandations pour inviter un ordonnateur \u00e0 conformer ses actes de gestion aux lois et r\u00e8glements de la R\u00e9publique&nbsp;;<\/li>\n<li>de doter les juridictions financi\u00e8res, dans leurs missions juridictionnelles, d\u2019un pouvoir d\u2019injonction de mise en \u0153uvre sous astreinte, voire de sanction, \u00e9ventuellement p\u00e9cuniaire, en cas de manquements graves et r\u00e9p\u00e9t\u00e9s aux lois et r\u00e8glements de la R\u00e9publique&nbsp;;<\/li>\n<li>de pr\u00e9ciser les modalit\u00e9s d\u2019intervention des CRC \u00ab en liaison avec la Cour \u00bb dans le cadre de l\u2019exp\u00e9rimentation de la certification des comptes des collectivit\u00e9s territoriales&nbsp;;<\/li>\n<li>d\u2019exp\u00e9rimenter la production d\u2019un rapport de synth\u00e8se r\u00e9gional sur les certifications faites par les commissaires aux comptes&nbsp;dans le ressort de la chambre ;<\/li>\n<li>d\u2019instituer le publication annuelle d\u2019un rapport r\u00e9gional par chaque chambre r\u00e9gionale et territoriale des comptes se pronon\u00e7ant sur le respect de l\u2019ODELEL par les collectivit\u00e9s de son ressort&nbsp;;<\/li>\n<li>de permettre le dessaisissement d\u2019office, apr\u00e8s auto-saisine de la chambre, du pouvoir budg\u00e9taire d\u2019une collectivit\u00e9 ne respectant pas le plan de redressement arr\u00eat\u00e9 par le pr\u00e9fet&nbsp;;<\/li>\n<li>d\u2019introduire une saisine budg\u00e9taire permettant de contester l\u2019inscription au budget de d\u00e9penses hors comp\u00e9tences de la collectivit\u00e9&nbsp;;<\/li>\n<li>d\u2019instaurer un mode de contr\u00f4le impliquant d\u00e8s le d\u00e9but de la proc\u00e9dure, dans un cadre d\u00e9fini et une dur\u00e9e limit\u00e9e, les partenaires publics d\u2019une entit\u00e9 publique concern\u00e9e par une politique publique locale (collectivit\u00e9s, syndicats, associations, services d\u00e9concentr\u00e9s de l\u2019\u00c9tat)&nbsp;;<\/li>\n<li>de cr\u00e9er les conditions permettant un contr\u00f4le unique d\u2019un EPCI et de ses communes membres&nbsp;;<\/li>\n<li>de syst\u00e9matiser le partage des comp\u00e9tences de la Cour aux CRTC sur le contr\u00f4le de l\u2019ensemble des administrations d\u00e9concentr\u00e9es de l\u2019\u00c9tat et autres organismes \u00e0 implantation locale dans le cadre d\u2019un contr\u00f4le th\u00e9matique local&nbsp;;<\/li>\n<li>de pr\u00e9voir une proc\u00e9dure de contradiction adapt\u00e9e \u00e0 l\u2019instruction de rapports th\u00e9matiques&nbsp;;<\/li>\n<li>d\u2019instituer la publication de rapports publics annuels et de rapports publics particuliers par les CRTC&nbsp;;<\/li>\n<li>d\u2019inscrire la mission d\u2019\u00e9valuation de mise en \u0153uvre des politiques publiques au niveau local dans les comp\u00e9tences des CRTC<strong>;<\/strong><\/li>\n<li>de coordonner la programmation, le suivi et la publication des \u00e9valuations de politiques publiques au sein d\u2019une chambre transversale de la Cour o\u00f9 si\u00e8gent, de droit, les pr\u00e9sidents de chambre r\u00e9gionale et territoriale des comptes&nbsp;;<\/li>\n<li>d\u2019augmenter significativement le nombre de publications des juridictions financi\u00e8res (r\u00e9f\u00e9r\u00e9s, rapport public annuel, rapports publics th\u00e9matiques) traitant de l\u2019\u00e9valuation d\u2019une politique publique par les chambres r\u00e9gionales et territoriales des comptes&nbsp;<strong>;<\/strong><\/li>\n<li>de modifier la composition du coll\u00e8ge de d\u00e9ontologie des juridictions financi\u00e8res&nbsp;;<\/li>\n<li>de modifier la composition et le fonctionnement du Conseil sup\u00e9rieur des CRTC&nbsp;;<\/li>\n<li>de modifier la composition et le fonctionnement de la mission permanente d\u2019audit, de contr\u00f4le et d\u2019inspection de chambres, sur le mod\u00e8le des inspections g\u00e9n\u00e9rales des minist\u00e8res&nbsp;;<\/li>\n<li>de clarifier les modalit\u00e9s de recrutement des magistrats financiers et de renforcer la formation initiale \u00e0 la prise de fonction&nbsp;;<\/li>\n<li>d\u2019instaurer un cadre transparent pour le recours \u00e0 des rapporteurs en d\u00e9tachement entrant, avec un plafond d\u2019emploi par chambre, et une proc\u00e9dure national de recrutement les concernant.<\/li>\n<\/ol>\n<h1>&nbsp;<\/h1>\n<h1>Un &nbsp;nouvel \u00e9lan dans le processus continu de modernisation des juridictions financi\u00e8res<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La n\u00e9cessaire moralisation de la vie publique conduit \u00e0 porter un regard renouvel\u00e9 sur la mission de valeur constitutionnelle des juridictions financi\u00e8res : s\u2019assurer du bon emploi des deniers publics.<\/p>\n<p>Il y a dix ans, le Premier pr\u00e9sident, Philippe Seguin, formulait le projet d\u2019unifier les chambres r\u00e9gionales des comptes et la Cour des comptes, d\u2019en faire une juridiction unique en mati\u00e8re de surveillance et de sanction de la discipline budg\u00e9taire et financi\u00e8re, de cr\u00e9er des chambres interr\u00e9gionales des comptes, et de renforcer le r\u00f4le de tous les magistrats financiers en mati\u00e8re d\u2019\u00e9valuation des politiques publiques. Sa disparition en 2010 ne lui permit pas de mener \u00e0 bien ce projet dont seuls certains des aspects furent mis en \u0153uvre par Didier Migaud, son successeur.<\/p>\n<p>Le Syndicat des juridictions financi\u00e8res unifi\u00e9 (SJFu) souhaite, par ses propositions r\u00e9unies dans ce livre blanc, promouvoir un nouvel \u00e9lan dans le processus continu de modernisation des juridictions financi\u00e8res.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>A.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les juridictions financi\u00e8res, mobilis\u00e9es pour la moralisation de la vie publique<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les atteintes \u00e0 la probit\u00e9 publique sont aujourd&rsquo;hui insuffisamment poursuivies et sanctionn\u00e9es en France. Souvent annonc\u00e9e, toujours diff\u00e9r\u00e9e, la moralisation de la vie publique est une n\u00e9cessit\u00e9. Les juridictions financi\u00e8res peuvent y contribuer si les pouvoirs l\u00e9gislatif et ex\u00e9cutif les dotent d\u2019outils juridiques et de moyens renforc\u00e9s, \u00e0 la hauteur de ceux dont disposent les d\u00e9cideurs publics et \u00e9conomiques en mati\u00e8re d&rsquo;organisation, de dissuasion et de d\u00e9fense.<\/p>\n<p>La moralisation de la vie publique ne saurait avoir pour effet de justifier, en mati\u00e8re de libert\u00e9, le recours \u00e0 l&rsquo;arbitraire. Il est n\u00e9cessaire de garder une approche \u00e9quilibr\u00e9e. Le fonctionnement des institutions de la R\u00e9publique doit ob\u00e9ir, dans toute la mesure du possible, aux principes de la s\u00e9paration des pouvoirs, de l\u00e9galit\u00e9 et de transparence qui fondent l&rsquo;exercice de fonctions publiques ou de mandats \u00e9lectifs.&nbsp;<\/p>\n<p>Les gestionnaires publics, qu\u2019ils soient \u00e9lus, fonctionnaires ou contractuels, doivent avoir un comportement exemplaire. Il leur revient d\u2019\u00eatre respectueux du droit, efficients, efficaces, \u00e9conomes des deniers publics, et \u00e0 m\u00eame de montrer au Parlement, au Gouvernement, aux collectivit\u00e9s locales et au citoyen \u2013 leurs interlocuteurs \u2013 la rigueur qu\u2019ils attendent l\u00e9gitimement d\u2019eux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>B.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un projet en phase avec l\u2019approfondissement de la d\u00e9centralisation<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La r\u00e9cente r\u00e9forme territoriale a renforc\u00e9 les r\u00e9gions, cr\u00e9\u00e9 les m\u00e9tropoles et red\u00e9fini les comp\u00e9tences des collectivit\u00e9s territoriales.<\/p>\n<p>Moins nombreuses mais plus fortes, les r\u00e9gions sont en charge de la coordination sur leur territoire de toutes les actions en faveur de l\u2019\u00e9conomie et de l\u2019animation des p\u00f4les de comp\u00e9titivit\u00e9. Elles pilotent toutes les politiques en mati\u00e8re de transport par trains express r\u00e9gionaux, ainsi que les transports interurbains. Elles disposent de l\u2019autorit\u00e9 de gestion des fonds europ\u00e9ens depuis 2014. Elles sont pleinement responsables en mati\u00e8re de formation professionnelle depuis le 1<sup>er<\/sup> janvier 2015.<\/p>\n<p>Afin d\u2019am\u00e9liorer l\u2019efficience des politiques publiques en limitant les cofinancements, la loi NOTRe supprime la clause g\u00e9n\u00e9rale de comp\u00e9tences pour les r\u00e9gions ainsi que pour les d\u00e9partements. Cette disposition l\u00e9gislative donnait aux collectivit\u00e9s un pouvoir d\u2019initiative pour d\u00e9velopper de nouvelles politiques, en dehors de leurs comp\u00e9tences obligatoires.<\/p>\n<p>Le statut de m\u00e9tropole \u2013 \u00e9tablissement public \u00e9galement soumis au principe de sp\u00e9cialit\u00e9 \u2013 cr\u00e9\u00e9 le 16&nbsp;d\u00e9cembre 2010 et renforc\u00e9 par la loi du 27 janvier 2014, est un maillon essentiel de la r\u00e9forme territoriale. Les aires m\u00e9tropolitaines fran\u00e7aises repr\u00e9sentent aujourd\u2019hui pr\u00e8s de 25 millions d\u2019habitants et concentrent plus de la moiti\u00e9 du produit int\u00e9rieur brut. Ces villes dynamiques, ouvertes sur le monde, terres d\u2019accueil de populations diverses, si\u00e8ges de grands centres universitaires ou de recherche, d\u2019\u00e9quipements structurants et de p\u00f4les culturels, sont des terres d\u2019innovation et de changement.<\/p>\n<p>Les ressorts des chambres r\u00e9gionales et territoriales des comptes ont \u00e9t\u00e9 regroup\u00e9s d\u00e8s 2012. En 2016, leur recomposition s\u2019est conform\u00e9e \u00e0 la nouvelle carte r\u00e9gionale. En revanche, ni les comp\u00e9tences ni les proc\u00e9dures des juridictions financi\u00e8res n\u2019ont \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9es \u00e0 l\u2019accroissement consid\u00e9rable du poids politique de ces nouvelles entit\u00e9s publiques r\u00e9gionales comme au n\u00e9cessaire contr\u00f4le du respect du principe de sp\u00e9cialit\u00e9 par leurs ordonnateurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>C.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un projet coh\u00e9rent avec le r\u00f4le des juridictions financi\u00e8res de contr\u00f4le de la trajectoire des finances publiques<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il y a 25 ans, la France s\u2019est engag\u00e9e vis-\u00e0-vis de ses partenaires europ\u00e9ens \u00e0 respecter deux crit\u00e8res&nbsp;: un d\u00e9ficit public annuel qui ne devrait pas exc\u00e9der 3 % du PIB ; une dette publique qui devrait rester inf\u00e9rieure \u00e0 60 % du PIB. Or ses d\u00e9penses publiques rapport\u00e9es \u00e0 son PIB sont parmi les plus \u00e9lev\u00e9es de l\u2019Union europ\u00e9enne (UE) et, en d\u00e9pit des efforts consentis, restent nettement sup\u00e9rieures \u00e0 la moyenne de la zone euro.<\/p>\n<p>La plupart des agr\u00e9gats statistiques utilis\u00e9s dans le cadre de la gouvernance \u00e9conomique de UE, notamment la trajectoire des finances publique, dont les objectifs sont pr\u00e9cis\u00e9s dans les lois de programmation des finances publiques,&nbsp;introduites \u00e0 l\u2019article 34 de la Constitution lors de la r\u00e9vision du 23 juillet 2008, sont d\u00e9finis en r\u00e9f\u00e9rence au Syst\u00e8me Europ\u00e9en des Comptes de 2010. Celui-ci est appel\u00e9 \u00e0 se substituer graduellement \u00e0 tout autre syst\u00e8me en tant que cadre de r\u00e9f\u00e9rence des normes, d\u00e9finitions, nomenclatures et r\u00e8gles comptables communes, destin\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9laboration des comptes des \u00c9tats membres pour les besoins de l\u2019Union, permettant ainsi d\u2019obtenir des r\u00e9sultats comparables entre les \u00c9tats membres.<\/p>\n<p>Les juridictions financi\u00e8res doivent se r\u00e9approprier ces d\u00e9finitions et s\u2019organiser afin d\u2019assurer un contr\u00f4le raisonnable de tous les risques port\u00e9s par les administrations publiques. Les comp\u00e9tences respectives de la Cour des comptes et des chambres r\u00e9gionales et territoriales des comptes en seront ainsi clarifi\u00e9es.<\/p>\n<h2>D.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cons\u00e9quences en termes de missions pour les JF<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les juridictions financi\u00e8res ont vocation \u00e0 constituer une v\u00e9ritable Autorit\u00e9 publique de contr\u00f4le, d&rsquo;audit et d&rsquo;\u00e9valuation, ind\u00e9pendante tant du pouvoir ex\u00e9cutif que du pouvoir l\u00e9gislatif.<\/p>\n<p>Leurs missions sont de natures administratives et juridictionnelles.<\/p>\n<p>Au titre de leurs missions administratives, elles contr\u00f4lent la gestion des administrations publiques, elles s&rsquo;assurent que leurs comptes sont r\u00e9guliers, sinc\u00e8res et donnent une image fid\u00e8le du r\u00e9sultat de leur gestion, de leur patrimoine et de leur situation financi\u00e8re, soit en les certifiant elles-m\u00eames, soit en rendant compte aux assembl\u00e9es d\u00e9lib\u00e9rantes de la qualit\u00e9 des comptes dont elles n&rsquo;assurent pas la certification, elles informent les citoyens, de fa\u00e7on compl\u00e8te, exacte et facilement accessible, sur l\u2019ex\u00e9cution des budgets, et elles participent \u00e0 l\u2019\u00e9valuation des politiques publiques pour assurer un contr\u00f4le et un processus d\u00e9cisionnel efficaces.<\/p>\n<p>Au titre de leurs missions juridictionnelles, elles contribuent \u00e0 la moralisation de la vie publique par la r\u00e9pression autre que p\u00e9nale des manquements des gestionnaires publics aux r\u00e8gles des finances publiques, jugent les comptes des comptables publics, r\u00e9tablissent l\u2019\u00e9quilibre des budgets des administrations publiques locales, de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, et proposent l\u2019inscription de d\u00e9penses obligatoires aux budgets de ces derni\u00e8res.<\/p>\n<p>Les propositions d\u2019adaptation aux enjeux sont d\u00e9taill\u00e9es dans les parties suivantes et supposent, au pr\u00e9alable, une red\u00e9finition des responsabilit\u00e9s des acteurs publics, notamment de celles des ordonnateurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n<h1>I.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Instituer un v\u00e9ritable principe de responsabilit\u00e9 des gestionnaires publics<\/h1>\n<h2>A.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un r\u00e9gime de responsabilit\u00e9 des comptables publics aujourd\u2019hui peu adapt\u00e9 \u00e0 la lutte contre les atteintes \u00e0 la probit\u00e9<\/h2>\n<h3>1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Le r\u00e9gime actuel de responsabilit\u00e9 n\u00e9cessite a minima d\u2019\u00eatre confort\u00e9 par une mise en coh\u00e9rence et une simplification<\/h3>\n<p>Le r\u00e9gime de responsabilit\u00e9 personnelle et p\u00e9cuniaire des comptables publics conserve toute son utilit\u00e9 dans la sauvegarde des deniers publics, c\u2019est \u00e0 dire pour assurer le contr\u00f4le des d\u00e9penses avant leur paiement et garantir le recouvrement des recettes. Toutefois, le jugement des comptes, tel qu\u2019il est pratiqu\u00e9 aujourd\u2019hui, s\u2019est \u00e9loign\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019action quotidienne des comptables publics&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li>En recettes, le r\u00e9gime actuel de responsabilit\u00e9 personnelle et p\u00e9cuniaire des comptables publics peut conduire \u00e0 faire endosser au comptable une responsabilit\u00e9 de principe qui ne correspond pas \u00e0 ses possibilit\u00e9s r\u00e9elles d\u2019action&nbsp;: le respect de ses obligations pour permettre le recouvrement des recettes est limit\u00e9 par les moyens financiers et humains dont il dispose ;<\/li>\n<li>En d\u00e9penses, l\u2019extension continue du contr\u00f4le s\u00e9lectif conduit le comptable \u00e0 endosser fr\u00e9quemment une responsabilit\u00e9 sur des d\u00e9penses qu\u2019il n\u2019a pas, dans les faits, contr\u00f4l\u00e9es&nbsp;;<\/li>\n<li>Le jugement des comptes n&rsquo;est r\u00e9ellement utile qu&rsquo;en ce qu&rsquo;il peut conduire, \u00e0 travers le contr\u00f4le des comptables, \u00e0 modifier le comportement de l&rsquo;ordonnateur et de l&rsquo;organisme public. Aussi, le vrai objectif du jugement des comptes n\u2019est atteint que de mani\u00e8re indirecte.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En outre, le r\u00e9gime actuel des sanctions n\u2019est plus inadapt\u00e9&nbsp;\u00e0 ses finalit\u00e9s :<\/p>\n<ul>\n<li>La responsabilit\u00e9 personnelle et p\u00e9cuniaire des comptables publics s\u2019applique \u00ab&nbsp;outre la responsabilit\u00e9 attach\u00e9e \u00e0 leur qualit\u00e9 d\u2019agent public&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire en sus des sanctions qu\u2019ils encourent en tant que fonctionnaires, au terme d\u2019une proc\u00e9dure disciplinaire classique. Cette disposition n\u2019\u00e9vite que dans une certaine mesure, l\u2019application de la r\u00e8gle du \u00ab non bis in idem \u00bb en cas de sa mise en jeu concomitamment \u00e0 une sanction disciplinaire, civile, voire p\u00e9nale&nbsp;;<\/li>\n<li>Le jugement des comptes conduit \u00e0 diff\u00e9rentier le statut civil (le d\u00e9bet) et p\u00e9nal (la somme non r\u00e9missible) des diff\u00e9rentes sanctions appliqu\u00e9es sans v\u00e9ritable justification&nbsp;;<\/li>\n<li>Le jugement des comptes donne l&rsquo;image d&rsquo;une justice excessivement bienveillante (montant faible, voire ridicule, des sommes non r\u00e9missibles) ou d\u00e9pourvue d\u2019effet (remises gracieuses), dernier exemple de justice retenue en vigueur dans notre pays&nbsp;;<\/li>\n<li>Le co\u00fbt induit de l\u2019instruction, qui mobilise longuement les magistrats du si\u00e8ge comme du parquet, est disproportionn\u00e9 au regard du montant du pr\u00e9judice financier en cause.<\/li>\n<\/ul>\n<h5>Il est donc propos\u00e9&nbsp;:<\/h5>\n<ul>\n<li><em>a minima<\/em>, de simplifier le r\u00e9gime de responsabilit\u00e9 personnelle et p\u00e9cuniaire des comptables publics, en rempla\u00e7ant la double sanction (d\u00e9bet et somme non r\u00e9missible) par une sanction unique unifi\u00e9e, intelligible et proportionn\u00e9e \u00e0 la gravit\u00e9 du manquement du comptable, toute contestation de la sanction prononc\u00e9e par le juge initial n\u2019\u00e9tant possible que par la voie de l\u2019appel ou de la cassation.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un r\u00e9gime qui pourrait \u00eatre r\u00e9nov\u00e9 en instaurant une r\u00e9elle responsabilit\u00e9 des gestionnaires publics<\/h3>\n<p>Les manquements \u00e0 la fiabilit\u00e9 ou la sinc\u00e9rit\u00e9 des comptes ne conduisent pas \u00e0 mettre en jeu la responsabilit\u00e9 personnelle et p\u00e9cuniaire, sinon par la question de l\u2019exacte imputation des d\u00e9penses, cas tr\u00e8s marginal. &nbsp;La fiabilit\u00e9 et la sinc\u00e9rit\u00e9 sont aujourd\u2019hui l\u2019affaire soit de l\u2019examen de la gestion soit de la certification des comptes. L\u2019objet du jugement des comptes n\u2019est pas compris par les citoyens&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li>Le motif des sanctions de la responsabilit\u00e9 personnelle et p\u00e9cuniaire des comptables publics n\u2019est pas compris par le public, int\u00e9ress\u00e9 essentiellement par la sanction d\u2019une faute personnelle&nbsp;;<\/li>\n<li>La gestion de fait sanctionne des situations qui rel\u00e8vent, pour l\u2019essentiel, du d\u00e9faut de l\u2019organisation administrative, parfois, de manquements \u00e0 la probit\u00e9&nbsp;; il est difficile de distinguer la part de l\u2019un et de l\u2019autre. De plus, au-del\u00e0 de ces concepts th\u00e9oriques, les cas sont tr\u00e8s rares&nbsp;;<\/li>\n<li>Malgr\u00e9 les efforts de p\u00e9dagogie d\u00e9ploy\u00e9s dans les publications des juridictions financi\u00e8res, le jugement des comptes n\u2019a gu\u00e8re suscit\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat du grand public. Le jugement des comptes ne b\u00e9n\u00e9ficie pas non plus de la visibilit\u00e9 du juge p\u00e9nal lorsqu\u2019il statue sur des affaires financi\u00e8res&nbsp;;<\/li>\n<li>Dans les revues juridiques, la doctrine se montre \u00e9galement beaucoup moins int\u00e9ress\u00e9e par le droit financier classique que par le droit civil ou le droit administratif. Pour le citoyen, l\u2019enjeu parait bien limit\u00e9 et les arcanes de ce droit en limitent l\u2019acc\u00e8s.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Plusieurs r\u00e9formes r\u00e9centes conduisent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019att\u00e9nuation de la s\u00e9paration des t\u00e2ches entre les ordonnateurs et les comptables, principe prudentiel moins structurant aujourd\u2019hui&nbsp;qu\u2019hier :<\/p>\n<ul>\n<li>En recettes, la fusion des directions g\u00e9n\u00e9rales de la comptabilit\u00e9 publique et des imp\u00f4ts, en 2008, afin d&rsquo;offrir un interlocuteur fiscal unique pour les particuliers, a regroup\u00e9 l\u2019administration charg\u00e9e de l&rsquo;assiette et du calcul de l\u2019imp\u00f4t et celle charg\u00e9e du recouvrement&nbsp;;<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>En d\u00e9pense, des services facturiers, qui constituent de centres de traitement et paiement uniques des factures pour le compte d\u2019un ou plusieurs services, ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s afin d\u2019am\u00e9liorer la fluidit\u00e9 du circuit de la d\u00e9pense en rationalisant les contr\u00f4les, et permettent notamment la liquidation de la d\u00e9pense par le comptable, mission en principe d\u00e9volue \u00e0 l\u2019ordonnateur ;<\/li>\n<li>La conclusion de plus en plus fr\u00e9quente de conventions de partenariat entre les ordonnateurs et les comptables conduit \u00e0 la mise en place de dispositifs prudentiels plus performant en terme de fiabilit\u00e9 des comptes, notamment le contr\u00f4le interne, que la seule s\u00e9paration des t\u00e2ches ;<\/li>\n<li>Par ailleurs, la <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000029926655&amp;fastPos=2&amp;fastReqId=2078667923&amp;categorieLien=cid&amp;oldAction=rechTexte\">loi du 20 d\u00e9cembre 2014 relative \u00e0 la simplification de la vie des entreprises<\/a> a \u00e9largi les conditions dans lesquelles les collectivit\u00e9s territoriales peuvent confier \u00e0 un tiers le paiement de certaines d\u00e9penses, et leur a \u00e9galement permis de confier \u00e0 un tiers l\u2019encaissement de certaines recettes.<\/li>\n<\/ul>\n<h5>Il est donc propos\u00e9&nbsp;:<\/h5>\n<ul>\n<li>d\u2019instituer un r\u00e9gime de responsabilit\u00e9 des gestionnaires publics devant les juridictions financi\u00e8res, \u00e0 l\u2019instar de ce qui existe dans d\u2019autres pays de l\u2019Union Europ\u00e9enne (Italie, Espagne).<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>B.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019institution d\u2019une v\u00e9ritable responsabilit\u00e9 des gestionnaires publics passe par la r\u00e9forme de la Cour de discipline budg\u00e9taire et financi\u00e8re<\/h2>\n<h3>1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les constats<\/h3>\n<p>Le premier imp\u00e9ratif qui s\u2019impose au gestionnaire public est celui du respect de la r\u00e8gle de droit. La sanction des irr\u00e9gularit\u00e9s et des fautes de gestion constitue en ce sens une dimension fondamentale d\u2019une meilleure gestion publique.<\/p>\n<p>Il existe actuellement, en droit public financier, une dichotomie entre la responsabilit\u00e9 des comptables publics, sanctionn\u00e9e par le contr\u00f4le juridictionnel de la Cour des comptes et des chambres r\u00e9gionales et territoriales des comptes, et la responsabilit\u00e9 des gestionnaires de deniers publics dont le contr\u00f4le rel\u00e8ve d\u2019une autre juridiction financi\u00e8re&nbsp;: la Cour de discipline budg\u00e9taire et financi\u00e8re. Ce syst\u00e8me de contr\u00f4le pr\u00e9sente un certain nombre d\u2019imperfections si l\u2019on en juge par son bilan&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li>les membres du gouvernement (Premier ministre, ministres et secr\u00e9taires d\u2019\u00c9tat) et les ordonnateurs locaux (maires, pr\u00e9sidents d\u2019\u00e9tablissements publics locaux, de conseils d\u00e9partementaux et r\u00e9gionaux) ne sont pas justiciables devant la CDBF. Ils ne sont pas responsables des actes et d\u00e9cisions pris dans le cadre de leurs fonctions et contraires aux normes du droit public financier&nbsp;: le fait, par exemple, d\u2019engager une d\u00e9pense irr\u00e9guli\u00e8rement, de procurer \u00e0 autrui un avantage injustifi\u00e9, ou de porter atteinte \u00e0 un organisme public par des agissements manifestement incompatibles avec ses int\u00e9r\u00eats&nbsp;;<\/li>\n<li>les sanctions applicables, lorsqu\u2019elles existent, sont actuellement peu dissuasives et pr\u00e9sentent g\u00e9n\u00e9ralement un caract\u00e8re symbolique ce qui constitue un facteur d\u2019inefficacit\u00e9 dans le syst\u00e8me de responsabilit\u00e9 des gestionnaires et n\u2019incite pas les juridictions financi\u00e8res \u00e0 s\u2019engager dans des proc\u00e9dures suppl\u00e9mentaires et donc co\u00fbteuses pour le contribuable&nbsp;;<\/li>\n<li>l\u2019existence d\u2019une distinction organique entre la Cour, les CRTC et la CDBF constitue, en soi, un facteur d\u2019inefficacit\u00e9 proc\u00e9durale&nbsp;: la CDBF, bien que rattach\u00e9e \u00e0 la Cour des comptes, est compos\u00e9e de magistrats de la Cour des comptes et de membres du Conseil d\u2019\u00c9tat, le minist\u00e8re public pr\u00e8s la Cour est assur\u00e9 par le procureur g\u00e9n\u00e9ral de la Cour des comptes, et l\u2019instruction des affaires est g\u00e9n\u00e9ralement confi\u00e9e \u00e0 des rapporteurs par ailleurs magistrats de la Cour des comptes et des CRTC. Cette distinction organique et le fait que les membres et rapporteurs de la Cour le soient exclusivement \u00e0 temps partiel rendrait tr\u00e8s difficile \u00e0 cette juridiction de traiter un grand nombre d\u2019affaires. La CDBF produit, de fait, moins d\u2019une dizaine de d\u00e9cisions chaque ann\u00e9e&nbsp;;<\/li>\n<li>la liste des incriminations relevant de la CDBF ne couvre pas certains faits qui constituent pourtant des irr\u00e9gularit\u00e9s ou fautes de gestion \u00e9minemment pr\u00e9judiciables aux organismes et finances publics. Il en est ainsi, par exemple, des irr\u00e9gularit\u00e9s comptables non budg\u00e9taires, des manquements aux obligations de d\u00e9claration aux organismes de s\u00e9curit\u00e9 sociale, du fait de vouloir se procurer un avantage injustifi\u00e9 \u00e0 soi-m\u00eame, ou d\u2019ordonner des d\u00e9penses dans un domaine ne relevant pas, explicitement, de la comp\u00e9tence de l\u2019organisme public, etc.<\/li>\n<\/ul>\n<p>De surcro\u00eet, le fait que les observations et recommandations des juridictions financi\u00e8res ne d\u00e9bouchent presque jamais sur une sanction ne donne pas l\u2019image d\u2019une institution moderne et efficace.<\/p>\n<p>Une r\u00e9forme du r\u00e9gime de responsabilit\u00e9 juridictionnelle des gestionnaires, pour en faire un syst\u00e8me efficace et effectif, est indispensable.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les propositions du SJFu<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au regard de ces constats, le syndicat des juridictions financi\u00e8res propose des \u00e9volutions majeures veillant toutefois au respect des principes et garanties r\u00e9sultant de la Constitution de la R\u00e9publique fran\u00e7aise, de la D\u00e9claration des droits de l\u2019homme et du citoyen, et de la Convention europ\u00e9enne de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales. Il va de soi que ces \u00e9volutions ne remettent pas en cause la comp\u00e9tence de l\u2019autorit\u00e9 judiciaire pour juger les infractions p\u00e9nales, et se conforment aux principes du proc\u00e8s \u00e9quitable et du <em>Non bis in idem<\/em>.<\/p>\n<p>Dans cet esprit, il est propos\u00e9 de :<\/p>\n<ul>\n<li>de supprimer la Cour de discipline budg\u00e9taire et financi\u00e8re et transf\u00e9rer ses comp\u00e9tences \u00e0 la Cour des comptes et aux chambres r\u00e9gionales des comptes qui seraient comp\u00e9tentes pour conna\u00eetre les affaires relev\u00e9es dans le cadre des organismes soumis \u00e0 leurs contr\u00f4les&nbsp;; les recours en cassation seraient form\u00e9s devant le Conseil d\u2019\u00c9tat&nbsp;;<\/li>\n<li>de supprimer le plancher d\u2019amende actuellement en vigueur et porter le plafond d\u2019amende au double de son montant actuel (traitement ou salaire brut annuel dans la plupart des cas)&nbsp;;<\/li>\n<li>de d\u00e9tendre la liste des justiciables aux membres du gouvernement et aux ordonnateurs \u00e9lus locaux pour les d\u00e9cisions prises dans le cadre de leurs fonctions et par instructions \u00e9crites&nbsp;;<\/li>\n<li>d\u2019\u00e9tendre la liste des infractions aux irr\u00e9gularit\u00e9s dans des d\u00e9penses de comptabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, aux manquements \u00e0 l\u2019obligation de d\u00e9claration \u00e0 des organismes de s\u00e9curit\u00e9 sociale, \u00e0 l\u2019avantage injustifi\u00e9 \u00e0 soi-m\u00eame, au favoritisme non intentionnel dans le cadre de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la commande publique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En termes de proc\u00e9dure, les r\u00f4les du si\u00e8ge et du parquet devront \u00eatre simplifi\u00e9s et clarifi\u00e9s au regard de la proc\u00e9dure actuelle devant la CDBF, lourde et complexe.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>C.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Doter les juridictions financi\u00e8res de pouvoirs d\u2019injonction<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La formulation de recommandations en compl\u00e9ment des observations est une pratique r\u00e9cente des juridictions financi\u00e8res et n\u2019a \u00e9t\u00e9 dot\u00e9e d\u2019une assise l\u00e9gale que tr\u00e8s r\u00e9cemment, d\u2019abord pour la Cour, puis pour les chambres r\u00e9gionales. Ces observations et recommandations des chambres suscitent cependant de la d\u00e9ception chez le lecteur car elles donnent l\u2019impression qu\u2019elles ne d\u00e9bouchent sur rien.<\/p>\n<p>En outre, ces observations et recommandations sont de deux ordres assez distincts. Certaines concernent la bonne gestion des organismes publics. Les observations contiennent donc, implicitement ou explicitement, des recommandations pour l\u2019am\u00e9liorer. Elles ne peuvent donner lieu qu\u2019\u00e0 de simples recommandations. Les juridictions financi\u00e8res ne sauraient imposer leurs solutions.&nbsp;<\/p>\n<p>D\u2019autres concernent la l\u00e9galit\u00e9 des actes des organismes publics. Elles sont d\u2019ailleurs parfois d\u00e9nomm\u00e9es \u00ab&nbsp;rappel \u00e0 la loi&nbsp;\u00bb. Il n\u2019y a gu\u00e8re de sens \u00e0 recommander le respect de la loi, d\u00e8s lors que celui-ci s\u2019impose. Le juge financier doit pouvoir enjoindre les gestionnaires publics de mettre fin \u00e0 des irr\u00e9gularit\u00e9s, lorsqu\u2019elles sont graves et r\u00e9p\u00e9t\u00e9es.<\/p>\n<h5>Il est donc propos\u00e9&nbsp;:<\/h5>\n<ul>\n<li>de proscrire aux juridictions financi\u00e8res, dans leurs missions administratives, de recourir \u00e0 des recommandations pour inviter un ordonnateur \u00e0 conformer ses actes de gestion aux lois et r\u00e8glements de la R\u00e9publique&nbsp;;<\/li>\n<li>de doter les juridictions financi\u00e8res, dans leurs missions juridictionnelles, d\u2019un pouvoir d\u2019injonction de mise en \u0153uvre sous astreinte, voire de sanction, \u00e9ventuellement p\u00e9cuniaire, en cas de manquements graves et r\u00e9p\u00e9t\u00e9s aux lois et r\u00e8glements de la R\u00e9publique.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n<h1>II.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Contribuer \u00e0 l\u2019efficience de la gestion publique<\/h1>\n<h2>A.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des missions sans cesse \u00e9largies<\/h2>\n<h3>1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une diversification accrue des missions et des organismes contr\u00f4l\u00e9s<\/h3>\n<p>Les chambres r\u00e9gionales des comptes ont comp\u00e9tence pour contr\u00f4ler les comptes et la gestion des collectivit\u00e9s territoriales et des \u00e9tablissements publics locaux, mais \u00e9galement des organismes auxquels participent les collectivit\u00e9s et leurs \u00e9tablissements publics&nbsp;: groupements d\u2019int\u00e9r\u00eat public, entit\u00e9s subventionn\u00e9es, d\u00e9l\u00e9gataires de service public (articles L. 211-4 et suivants du CJF). Par d\u00e9l\u00e9gation de la Cour des comptes, les CRC contr\u00f4lent \u00e9galement les \u00e9tablissements publics de sant\u00e9, et, sur le fondement de l\u2019article 109 de la loi n\u00b0&nbsp;2016-41 du 21 janvier 2016 de modernisation de notre syst\u00e8me de sant\u00e9, les personnes morales de droit priv\u00e9 \u00e0 caract\u00e8re sanitaire, social ou m\u00e9dico-social financ\u00e9es par une collectivit\u00e9 territoriale, un \u00e9tablissement public ou un groupement d\u2019int\u00e9r\u00eat public.<\/p>\n<p>Les CRTC exercent \u00e9galement une mission de contr\u00f4le budg\u00e9taire. En effet, les budgets des collectivit\u00e9s territoriales et leurs groupements sont soumis \u00e0 la r\u00e8gle de l\u2019\u00e9quilibre r\u00e9el. Une telle astreinte n\u2019emp\u00eache pas toujours le recours \u00e0 un endettement insoutenable pour ces structures. Les avis et les d\u00e9cisions budg\u00e9taires des CRTC, pris sur le fondement des articles L.&nbsp;232-1 et suivants du CJF, s\u2019inscrivent dans ce processus de contr\u00f4le des actes budg\u00e9taires et d\u2019ex\u00e9cution des budgets. Les budgets des \u00e9tablissements publics locaux d\u2019enseignement ou leurs \u00e9quivalents, des \u00e9tablissements publics de sant\u00e9, en d\u00e9pit de leurs sp\u00e9cificit\u00e9s, n\u2019\u00e9chappent pas \u00e0 des contr\u00f4les du m\u00eame ordre.<\/p>\n<p>De surcro\u00eet, le l\u00e9gislateur a confi\u00e9 r\u00e9cemment aux CRTC de nouvelles missions d\u2019accompagnement des collectivit\u00e9s dans leur mouvement de r\u00e9organisation et modernisation. Outre le r\u00f4le qu\u2019elles jouent dans l\u2019exp\u00e9rimentation de certification des comptes locaux, afin de dresser un audit pr\u00e9alable de leur comptabilit\u00e9, la loi de modernisation de l\u2019action publique territoriale et d\u2019affirmation des m\u00e9tropoles a confi\u00e9 au pr\u00e9sident de la CRC, ou son repr\u00e9sentant, la pr\u00e9sidence des commissions locales charg\u00e9es de l&rsquo;\u00e9valuation des charges et des ressources transf\u00e9r\u00e9es, au risque de compromettre l\u2019ind\u00e9pendance de la juridiction dans l\u2019exercice de ses missions administratives et juridictionnelles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019exp\u00e9rimentation de la certification des comptes des collectivit\u00e9s locales<\/h3>\n<p>L\u2019article 110 de la loi du 7 ao\u00fbt 2015 pr\u00e9voit l\u2019exp\u00e9rimentation de la certification des comptes du secteur public local sous la conduite de la Cour des comptes, en liaison avec les chambres r\u00e9gionales des comptes, sur la base du volontariat des collectivit\u00e9s et de leurs groupements, avec un bilan au terme de huit ans d\u2019application. Vingt-cinq collectivit\u00e9s (une \u00e0 trois par r\u00e9gion) se sont port\u00e9es volontaires et ont conclu chacune une convention avec la Cour de comptes.<\/p>\n<p>Cette exp\u00e9rimentation constitue un pr\u00e9alable \u00e0 la certification des comptes du secteur public local. Elle porte sur la nature des \u00e9tats financiers, les normes comptables applicables, le d\u00e9ploiement du contr\u00f4le interne comptable et financier ou encore les syst\u00e8mes d&rsquo;information utilis\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience de la certification des comptes de l\u2019\u00c9tat et de la S\u00e9curit\u00e9 sociale, par la Cour des comptes, comme la synth\u00e8se annuelle et les avis qu\u2019elle formule sur la qualit\u00e9 des comptes certifi\u00e9s des universit\u00e9s, permettent de tirer des enseignements quant \u00e0 la valeur ajout\u00e9e des juridictions financi\u00e8res en mati\u00e8re de certification, tout comme le contr\u00f4le des comptes et de la gestion que m\u00e8nent les chambres r\u00e9gionales des comptes sur des entit\u00e9s d\u00e9j\u00e0 certifi\u00e9es (h\u00f4pitaux, soci\u00e9t\u00e9s d\u2019\u00e9conomie mixte locales, associations, chambres consulaires). Un r\u00e9f\u00e9rentiel de contr\u00f4le pourra \u00eatre \u00e9labor\u00e9 sur ces bases, comme le pratiquent d\u2019autres Institutions sup\u00e9rieures de contr\u00f4le de par le monde.<\/p>\n<p>La mise en \u0153uvre de la certification des comptes des plus grandes collectivit\u00e9s territoriales, \u00e0 terme, pourrait faire intervenir les juridictions financi\u00e8res selon diff\u00e9rents sc\u00e9narios, du plus participatif (r\u00e9alisation de la certification, d\u00e9finition des r\u00e8gles de certification) au moins participatif (synth\u00e8se annuelle sur les certifications faites par les commissaires aux comptes, examen de la certification dans le cadre des contr\u00f4les des comptes et de la gestion des entit\u00e9s). Avant de se prononcer sur ces \u00e9volutions, il semble que les textes attribuent un r\u00f4le subsidiaire aux CRTC et il conviendra, au pr\u00e9alable, de pr\u00e9ciser ce que la loi entend par l\u2019intervention des CRTC \u00ab en liaison avec la Cour \u00bb.<\/p>\n<p>Au terme du processus, rien ne s\u2019opposerait \u00e0 la publication d\u2019un rapport de synth\u00e8se r\u00e9gional dressant le bilan des comptes certifi\u00e9s, sur le mod\u00e8le des rapports publi\u00e9s par la Cour.<\/p>\n<p>Il est donc propos\u00e9 :<\/p>\n<ul>\n<li>de pr\u00e9ciser les modalit\u00e9s d\u2019intervention des CRTC \u00ab en liaison avec la Cour \u00bb dans le cadre de l\u2019exp\u00e9rimentation de la certification des comptes des collectivit\u00e9s territoriales&nbsp;;<\/li>\n<li>d\u2019exp\u00e9rimenter la production d\u2019un rapport de synth\u00e8se r\u00e9gional sur les certifications faites par les commissaires aux comptes&nbsp;dans le ressort de la chambre ;<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Renforcer le contr\u00f4le du respect de la trajectoire financi\u00e8re<\/h3>\n<p>Les contr\u00f4les des juridictions financi\u00e8res, et plus particuli\u00e8rement ceux des CRTC, tant au titre de leurs missions sp\u00e9cifiques que par d\u00e9l\u00e9gation de certaines comp\u00e9tences de la Cour des comptes, portent sur des masses financi\u00e8res importantes et croissantes. Ainsi, l\u2019objectif national de d\u00e9penses d\u2019assurance maladie (ONDAM) inscrit dans la loi de financement de la s\u00e9curit\u00e9 sociale (LFSS) pour 2015 s\u2019\u00e9levait \u00e0 182,3&nbsp;Md\u20ac dont 75,1&nbsp;Md\u20ac \u00e0 destination des \u00e9tablissements de sant\u00e9 et 17,5&nbsp;Md\u20ac pour les \u00e9tablissements m\u00e9dico-sociaux (ESMS), sur 456 Md\u20ac de prestations vers\u00e9es au total en 2015 soit 20,9 % du produit int\u00e9rieur brut. Les administrations publiques locales (APUL) qui comprennent les collectivit\u00e9s locales et les organismes divers d\u2019administration locale (ODAL), repr\u00e9sentaient en 2015 249,3&nbsp;Md\u20ac soit 20&nbsp;% des d\u00e9penses publiques.<\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;En leur qualit\u00e9 d\u2019administrations publiques locales, les collectivit\u00e9s territoriales et leurs groupements sont concern\u00e9s, au m\u00eame titre que l\u2019\u00c9tat et les organismes de s\u00e9curit\u00e9 sociale, par le respect des engagements europ\u00e9ens de la France en mati\u00e8re de redressement des comptes publics. L\u2019\u00e9volution des d\u00e9penses des APUL et de leur solde est int\u00e9gr\u00e9e aux lois de programmation des finances publiques et aux programmes annuels de stabilit\u00e9. L\u2019implication des collectivit\u00e9s territoriales et de leurs groupements dans le redressement des comptes publics se justifie aussi par l\u2019importance des transferts financiers de l\u2019\u00c9tat (103 Md\u20ac en 2015) dont elles b\u00e9n\u00e9ficient&nbsp;\u00bb<\/em><sup> <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/sup><em>. <\/em>La loi n\u00b0&nbsp;2014-1653 du 29 d\u00e9cembre 2014 de programmation des finances publiques a fix\u00e9 des objectifs d\u2019\u00e9volution de la d\u00e9pense publique locale pour les ann\u00e9es 2014 et 2019&nbsp;: l\u2019article 11 dispose que <em>\u00ab les collectivit\u00e9s territoriales contribuent \u00e0 l\u2019effort de redressement des finances publiques, selon des modalit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9laboration desquelles elles sont associ\u00e9es&nbsp;\u00bb<\/em>. L\u2019objectif d\u2019\u00e9volution de la d\u00e9pense publique locale (ODELEL), exprim\u00e9 en pourcentage d\u2019\u00e9volution annuelle et \u00e0 p\u00e9rim\u00e8tre constant, est d\u00e9termin\u00e9 apr\u00e8s consultation du comit\u00e9 des finances locales et fait l\u2019objet d\u2019un suivi national, en lien avec ce comit\u00e9. Il est un outil d\u2019analyse et de pr\u00e9vision de la d\u00e9pense locale qui reste \u00e0 d\u00e9velopper, au-del\u00e0 de la mission de contr\u00f4le budg\u00e9taire traditionnelle des CRTC. Si les principes d\u2019autonomie et de libre administration des collectivit\u00e9s territoriales et leurs groupements sont inscrits dans la Constitution, ils ne s\u2019exercent que dans le cadre des comp\u00e9tences de ladite collectivit\u00e9 et dans les limites de normes sup\u00e9rieures, toujours sous le contr\u00f4le du juge administratif ou relevant, dans certaines circonstances, des juridictions financi\u00e8res. Les CRTC pourraient participer plus activement au suivi de l\u2019ODELEL, \u00e0 la fois dans un cadre macro-\u00e9conomique mais aussi dans celui de la suppression de la clause g\u00e9n\u00e9rale de comp\u00e9tences pour les d\u00e9partements et les r\u00e9gions.<\/p>\n<p>L\u2019extension des missions des juridictions financi\u00e8res par des textes r\u00e9cents, dont l\u2019exp\u00e9rimentation de la certification des comptes des collectivit\u00e9s territoriales ou l&rsquo;extension des missions de contr\u00f4le des juridictions financi\u00e8res aux \u00e9tablissements priv\u00e9s de sant\u00e9 participent du processus visant le renforcement du contr\u00f4le de l\u2019efficience de la gestion des finances publiques.<\/p>\n<h5>Il est donc propos\u00e9&nbsp;:<\/h5>\n<ul>\n<li>d\u2019instituer le publication annuelle d\u2019un rapport r\u00e9gional par chaque chambre r\u00e9gionale des comptes se pronon\u00e7ant sur le respect de l\u2019ODELEL par les collectivit\u00e9s de son ressort&nbsp;;<\/li>\n<li>de permettre le dessaisissement d\u2019office, apr\u00e8s auto-saisine de la chambre, du pouvoir budg\u00e9taire d\u2019une collectivit\u00e9 ne respectant pas le plan de redressement arr\u00eat\u00e9 par le pr\u00e9fet&nbsp;;<\/li>\n<li>d\u2019introduire une saisine budg\u00e9taire permettant de contester l\u2019inscription au budget de d\u00e9penses hors comp\u00e9tences de la collectivit\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n<h2>B. Le mod\u00e8le traditionnel des juridictions financi\u00e8res, fond\u00e9 sur le contr\u00f4le organique, est confront\u00e9 \u00e0 la red\u00e9finition des comp\u00e9tences territoriales et \u00e0 la r\u00e9gionalisation de l\u2019action publique<\/h2>\n<p><span style=\"text-decoration: line-through;\">&nbsp;<\/span><\/p>\n<p>La reconfiguration de la d\u00e9centralisation, \u00e0 l\u2019\u0153uvre depuis 2014, impose une r\u00e9flexion sur les voies et moyens du contr\u00f4le organique traditionnel, et peut susciter un d\u00e9bat sur la finalit\u00e9 m\u00eame de l\u2019examen de la gestion tel qu\u2019envisag\u00e9 depuis l\u2019origine. En mati\u00e8re de politiques publiques mises en \u0153uvre au niveau r\u00e9gional ou m\u00e9tropolitain (comme les transports, les \u00e9quipements sportifs, le d\u00e9veloppement urbain, la protection de la biodiversit\u00e9), interviennent non seulement la collectivit\u00e9 en titre ou chef de file, mais \u00e9galement des financeurs publics (\u00c9tat, agences nationales, autres niveaux de collectivit\u00e9), des services r\u00e9gulateurs (AAI, services d\u00e9concentr\u00e9s de l\u2019\u00c9tat), des parties prenantes diverses (op\u00e9rateurs industriels soumis \u00e0 tarifs r\u00e9glement\u00e9s, d\u00e9l\u00e9gataires de service public).<\/p>\n<p>Actuellement, les juridictions financi\u00e8res ne sont pas organis\u00e9es pour contr\u00f4ler la mise en \u0153uvre de politiques publiques \u00e0 un niveau infranational. Les CRC contribuent aux enqu\u00eates r\u00e9alis\u00e9es dans le cadre de formations inter juridictions (FIJ), qui portent sur la mise en \u0153uvre d\u2019une politique publique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale, en adjoignant au contr\u00f4le organique classique de collectivit\u00e9s territoriales, un volet consacr\u00e9 \u00e0 ladite politique. Ces enqu\u00eates donnent lieu \u00e0 la publication, par la Cour des comptes, de rapports de synth\u00e8se, les rapports publics th\u00e9matiques, focalis\u00e9s sur les principaux enseignements tir\u00e9s des observations au niveau national. Des fragilit\u00e9s ou particularit\u00e9s sp\u00e9cifiques \u00e0 une r\u00e9gion n\u2019ont pas vocation \u00e0 \u00eatre d\u00e9lib\u00e9r\u00e9es longuement dans des FIJ qui comprennent des participants venant de plusieurs CRC et de la Cour, et les rapports publi\u00e9s s\u2019efforcent de produire une analyse globale qui fait peu de place aux singularit\u00e9s r\u00e9gionales<\/p>\n<p>La publication de rapports th\u00e9matiques ou d\u2019enqu\u00eates r\u00e9gionaux issus de ces travaux communs est peu d\u00e9velopp\u00e9e par la Cour des comptes qui craint l\u2019incoh\u00e9rence que pourraient rev\u00eatir des constats et recommandations formul\u00e9es par diff\u00e9rentes CRC sur un m\u00eame sujet. L\u2019enqu\u00eate men\u00e9e par une chambre r\u00e9gionale seule ne peut aujourd\u2019hui trouver que deux d\u00e9bouch\u00e9s&nbsp;: un encart dans le rapport d\u2019activit\u00e9 annuelle de la chambre, sous forme de synth\u00e8se, ou une insertion dans le rapport public annuel de la Cour, sous le contr\u00f4le du Comit\u00e9 du rapport public et des programmes de la Cour.<\/p>\n<p>Par ailleurs, la finalit\u00e9 du contr\u00f4le d\u2019une collectivit\u00e9 territoriale doit \u00eatre repens\u00e9e, pour inclure l\u2019examen th\u00e9matique de l\u2019exercice d\u2019une comp\u00e9tence phare dans un rapport organis\u00e9 autour de la r\u00e9gularit\u00e9 et du bon emploi des deniers publics. En telle hypoth\u00e8se, les chambres devraient \u00eatre \u00e0 m\u00eame de contr\u00f4ler les d\u00e9clinaisons locales des politiques publiques, en conduisant des contr\u00f4les transversaux portant sur tous les acteurs : collectivit\u00e9s, financeurs, services r\u00e9gulateurs, \u00e9ventuellement \u00e9tatiques. Ainsi, les chambres seraient \u00e0 m\u00eame de formuler des observations portant sur la strat\u00e9gie et la conduite des politiques publiques r\u00e9gionalis\u00e9es plus pertinentes pour les ordonnateurs concern\u00e9s.<\/p>\n<p>Une telle d\u00e9marche de contr\u00f4le suppose de modifier les textes applicables, non pour supprimer le contr\u00f4le organique, mais pour lui ajouter la possibilit\u00e9 d\u2019un contr\u00f4le simultan\u00e9 de multiples acteurs, en s\u2019attachant aux points suivants&nbsp;:<\/p>\n<p>1\u00b0 La limitation du contr\u00f4le au seul p\u00e9rim\u00e8tre de la collectivit\u00e9 ralentit la collecte des informations et emp\u00eache de traiter tous les aspects d\u2019une politique dans laquelle, par exemple, la r\u00e9gion ne serait que chef de file. Par ailleurs, les textes imposent en fin de proc\u00e9dure une phase de contradiction avec toutes les entit\u00e9s nominativement ou explicitement mises en cause par les observations provisoires. Int\u00e9grer d\u00e8s le d\u00e9part toutes les parties \u00e0 l\u2019instruction serait une fa\u00e7on plus efficace de conduire la proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>2\u00b0 Si la finalit\u00e9 du contr\u00f4le devient l\u2019examen de la mise en \u0153uvre d\u2019une politique publique territorialis\u00e9e, la production attendue de la chambre r\u00e9gionale des comptes change de nature.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit pas \u00e0 cet effet de substituer purement et simplement \u00e0 l\u2019examen de la gestion une \u00e9valuation de politique publique (voir infra, partie IV). Il s\u2019agit de peser les cons\u00e9quences pour la production des CRTC d\u2019une d\u00e9marche d\u00e9sormais transversale, instruisant une probl\u00e9matique sur un territoire entier.<\/p>\n<p>L\u2019examen de la gestion, consacr\u00e9 \u00e0 une politique mise en \u0153uvre au niveau r\u00e9gional, serait ainsi enrichi d\u2019un volet comparatif, ainsi que d\u2019une analyse \u00e9largie \u00e0 la performance mat\u00e9rielle des moyens mis en \u0153uvre, qui d\u00e9passent la simple \u00ab&nbsp;bonne gestion&nbsp;\u00bb des deniers publics.<\/p>\n<p>Une production de cette nature s\u2019appuierait sur les observations tir\u00e9es des rapports locaux, mais irait bien au-del\u00e0 d\u2019une simple synth\u00e8se et supposerait d\u2019aller chercher l\u2019information pertinente o\u00f9 elle se trouve. Elle trouverait sa l\u00e9gitimit\u00e9 dans le fait que le l\u00e9gislateur a souhait\u00e9 donner aux collectivit\u00e9s un r\u00f4le de chef de file pour certaines politiques publiques&nbsp;: si une politique peut \u00eatre d\u00e9clin\u00e9e r\u00e9gionalement du point de vue op\u00e9rationnel, pourquoi ne pourrait-elle pas l\u2019\u00eatre du point de vue du contr\u00f4le&nbsp;?<\/p>\n<p>Elle supposerait \u00e9galement un mode de publicit\u00e9 adapt\u00e9&nbsp;: encart dans le rapport d\u2019activit\u00e9 de la chambre, rapport th\u00e9matique d\u00e9di\u00e9. Les proc\u00e9dures mises en \u0153uvre seraient \u00e0 red\u00e9finir, notamment en termes de contradiction.<\/p>\n<p>Il est donc propos\u00e9&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li>d\u2019instaurer un mode de contr\u00f4le impliquant d\u00e8s le d\u00e9but de la proc\u00e9dure, dans un cadre d\u00e9fini et une dur\u00e9e limit\u00e9e, les partenaires publics d\u2019une entit\u00e9 publique concern\u00e9e par une action publique locale (collectivit\u00e9s, syndicats, associations, services d\u00e9concentr\u00e9s de l\u2019\u00c9tat)&nbsp;;<\/li>\n<li>Cr\u00e9er les conditions permettant un contr\u00f4le unique d\u2019un EPCI et de ses communes membres&nbsp;;<\/li>\n<li>Syst\u00e9matiser le partage des comp\u00e9tences de la Cour aux CRTC sur le contr\u00f4le de l\u2019ensemble des administrations d\u00e9concentr\u00e9es de l\u2019\u00c9tat et autres organismes \u00e0 implantation locale dans le cadre d\u2019un contr\u00f4le th\u00e9matique local&nbsp;;<\/li>\n<li>Pr\u00e9voir une proc\u00e9dure de contradiction adapt\u00e9e \u00e0 l\u2019instruction de rapports th\u00e9matiques&nbsp;;<\/li>\n<li>Instituer la publication de rapports publics annuels et de rapports publics particuliers par les CRC.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>C. Des moyens \u00e0 adapter<\/h2>\n<p>Les juridictions financi\u00e8res, et les CRTC en particulier, font ainsi face \u00e0 un accroissement de leurs missions, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un \u00e9largissement du p\u00e9rim\u00e8tre des entit\u00e9s contr\u00f4l\u00e9es que de nouvelles comp\u00e9tences attribu\u00e9es par le l\u00e9gislateur ou par d\u00e9l\u00e9gation de la Cour des comptes. Le renforcement de la place et des missions des juridictions financi\u00e8res ne doit cependant pas signifier le renoncement aux comp\u00e9tences ou aux organismes traditionnellement contr\u00f4l\u00e9s. En effet, les masses financi\u00e8res de certains organismes parmi lesquels les collectivit\u00e9s territoriales les plus grandes, justifient un contr\u00f4le de gestion r\u00e9gulier et un appui renforc\u00e9 lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019exp\u00e9rimentatrices de la certification. Par ailleurs le r\u00f4le des chambres r\u00e9gionales des comptes, notamment dans le cadre du contr\u00f4le budg\u00e9taire sur des organismes dont les ressources financi\u00e8res sont sensiblement plus faibles, t\u00e9moigne de leur place essentielle pour la pr\u00e9vention de certains risques juridiques et budg\u00e9taires.<\/p>\n<p>En 2016, les chambres r\u00e9gionales des comptes regroupaient pr\u00e8s de 59&nbsp;% des effectifs des juridictions financi\u00e8res (et plus de 63&nbsp;% des personnels de contr\u00f4le), soit 1&nbsp;017 agents dont 346 magistrats rapporteurs, appuy\u00e9s d\u2019un nombre proche de v\u00e9rificateurs. Cour et CRTC totalisaient 1&nbsp;729 agents dont 1&nbsp;384 personnels de contr\u00f4le (565 magistrats) et d\u2019appui au contr\u00f4le (819 experts et v\u00e9rificateurs).<\/p>\n<h6>Tableau n\u00b0 1 : \u00e9volution de l\u2019effectif de la Cour et des chambres r\u00e9gionales et territoriales des comptes<\/h6>\n<table width=\"558\">\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"209\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"70\"><strong>2012<\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong>2013<\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong>2014<\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong>2015<\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong>2016<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"6\" width=\"558\"><strong>Cour des comptes<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\">Premier pr\u00e9sident, Procureur g\u00e9n\u00e9ral et Pr\u00e9sidents de chambre<\/td>\n<td width=\"70\">10<\/td>\n<td width=\"70\">10<\/td>\n<td width=\"70\">10<\/td>\n<td width=\"70\">10<\/td>\n<td width=\"70\">10<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\">Secr\u00e9taires g\u00e9n\u00e9raux, avocats g\u00e9n\u00e9raux<\/td>\n<td width=\"70\">8<\/td>\n<td width=\"70\">8<\/td>\n<td width=\"70\">8<\/td>\n<td width=\"70\">8<\/td>\n<td width=\"70\">8<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\">Autres magistrats et personnel de contr\u00f4le (1)<\/td>\n<td width=\"70\">411<\/td>\n<td width=\"70\">423<\/td>\n<td width=\"70\">423<\/td>\n<td width=\"70\">412<\/td>\n<td width=\"70\">408<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\">Personnel administratif<\/td>\n<td width=\"70\">271<\/td>\n<td width=\"70\">273<\/td>\n<td width=\"70\">284<\/td>\n<td width=\"70\">285<\/td>\n<td width=\"70\">286<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\"><em>dont appui au contr\u00f4le (2) <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>83 <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>88 <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>98 <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>102 <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>111 <\/em><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\"><strong>Total Cour <\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong>700 <\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong>714 <\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong>725 <\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong>715 <\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong>712 <\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"6\" width=\"558\"><strong>Chambres r\u00e9gionales et territoriales des comptes<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\">Pr\u00e9sidents et vice-pr\u00e9sidents<\/td>\n<td width=\"70\">24<\/td>\n<td width=\"70\">23<\/td>\n<td width=\"70\">24<\/td>\n<td width=\"70\">24<\/td>\n<td width=\"70\">24<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\">Autres magistrats et personnel de contr\u00f4le<\/td>\n<td width=\"70\">637<\/td>\n<td width=\"70\">649<\/td>\n<td width=\"70\">703<\/td>\n<td width=\"70\">688<\/td>\n<td width=\"70\">705<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\">Personnel administratif<\/td>\n<td width=\"70\">390<\/td>\n<td width=\"70\">323<\/td>\n<td width=\"70\">323<\/td>\n<td width=\"70\">302<\/td>\n<td width=\"70\">288<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\"><em>dont appui au contr\u00f4le (2) <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>161 <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>128 <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>126 <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>125 <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>118 <\/em><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\"><strong>Total CRTC <\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong>1 051 <\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong>995 <\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong>1 050 <\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong>1 014 <\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong>1 017 <\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\"><strong><u>Total Cour et CRTC<\/u><\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong><u>1 751<\/u><\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong><u>1 709<\/u><\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong><u>1 775<\/u><\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong><u>1 729<\/u><\/strong><\/td>\n<td width=\"70\"><strong><u>1 729<\/u><\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\"><em>dont contr\u00f4le et appui au contr\u00f4le <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>1334 <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>1329 <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>1392 <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>1369 <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>1384 <\/em><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"209\"><em>dont administratif (hors appui au contr\u00f4le) <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>417 <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>380 <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>383 <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>360 <\/em><\/td>\n<td width=\"70\"><em>345 <\/em><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<ul>\n<li><em>hors rapporteurs \u00e0 temps partiel <\/em><\/li>\n<li><em>soit, \u00e0 la Cour : personnels des greffes, de la documentation, de l&rsquo;ing\u00e9nierie de formation en faveur des personnels de contr\u00f4le, certains personnels de la direction des syst\u00e8mes d&rsquo;information, et \u00e0 compter de 2013, des agents non-magistrats du centre d&rsquo;appui m\u00e9tier ; dans les CRTC : personnels de greffe et de la documentation. <\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p><em>Source : Cour des comptes \u2013 effectifs physiques pr\u00e9sents au 31 d\u00e9cembre <\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A titre de comparaison, en Italie, la Cour, les cinq chambres d\u00e9concentr\u00e9es et les trente et un bureaux qui composent l\u2019institution sup\u00e9rieure de contr\u00f4le, totalisent 3&nbsp;400 fonctionnaires, dont 900 v\u00e9rificateurs.<\/p>\n<p>Il est n\u00e9cessaire, tant pour assurer le niveau de production actuel que pour r\u00e9pondre aux nouvelles missions qui leur sont confi\u00e9es, <strong>que les moyens notamment humains des chambres r\u00e9gionales des comptes soient renforc\u00e9s, et \u00e9ventuellement affect\u00e9s proportionnellement aux enjeux.<\/strong><\/p>\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n<h1>III.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00c9valuer les politiques publiques mises en \u0153uvre au niveau local<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9valuation des politiques publiques repose sur la comparaison de l\u2019impact des actions publiques au regards des objectifs vari\u00e9s que se donnent les pouvoirs publics. Elle vise \u00e0 \u00e9clairer le d\u00e9bat public sur les principaux arbitrages en jeu et ainsi faciliter les choix d\u00e9mocratiques. En cela, elle se diff\u00e9rencie et compl\u00e8te les contr\u00f4les des juridictions financi\u00e8res qui examinent principalement la r\u00e9gularit\u00e9, l\u2019efficacit\u00e9 et l\u2019efficience des d\u00e9penses d\u2019une entit\u00e9 administrative, d\u2019une collectivit\u00e9 ou d\u2019un programme.<\/p>\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n<h2>A.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La mission d\u2019\u00e9valuation de la Cour&nbsp;est une activit\u00e9 r\u00e9cente issue de la r\u00e9forme constitutionnelle de 2008<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9valuation est la plus r\u00e9cente des missions de la Cour. Elle a \u00e9t\u00e9 introduite en 2011 dans le CJF par son article L.&nbsp;111-3-1 : \u00ab la Cour des comptes contribue \u00e0 l\u2019\u00e9valuation des politiques publiques dans les conditions pr\u00e9vues par le pr\u00e9sent code \u00bb. Cette nouvelle disposition d\u00e9coule de la r\u00e9vision constitutionnelle du 23 juillet 2008 qui l\u2019ajoute aux missions de la Cour dans le cadre de son assistance au Parlement et au Gouvernement.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9valuation d\u2019une politique publique par la Cour des comptes a pour objet d\u2019en appr\u00e9cier les r\u00e9sultats et les impacts, ainsi que les raisons qui les expliquent. Cette ambition d\u2019estimer la pertinence des politiques aux regards de leurs objectifs va au-del\u00e0 des seuls aspects comptables et budg\u00e9taires d\u2019un contr\u00f4le de la gestion. La publication syst\u00e9matique des \u00e9valuations participe \u00e0 la mission que conf\u00e8re la Constitution \u00e0 la Cour de \u00ab contribuer \u00e0 l&rsquo;information des citoyens \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les \u00e9valuations r\u00e9alis\u00e9es par la Cour&nbsp;<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>1.1 A la demande de l\u2019Assembl\u00e9e nationale<\/h4>\n<p>Selon l\u2019article L.&nbsp;132-5 du CJF, \u00ab la Cour des comptes peut \u00eatre saisie d\u2019une demande d\u2019\u00e9valuation d\u2019une politique publique par le pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale ou le pr\u00e9sident du S\u00e9nat, (\u2026) pour proc\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00e9valuation de politiques publiques dont le champ d\u00e9passe le domaine de comp\u00e9tence d\u2019une seule commission permanente (\u2026) \u00bb.<\/p>\n<p>De septembre 2011 \u00e0 novembre 2016, la Cour des comptes a r\u00e9pondu \u00e0 douze demandes d\u2019enqu\u00eates ou d\u2019\u00e9valuation de la part du comit\u00e9 d\u2019\u00e9valuation et de contr\u00f4le des politiques publiques (CEC) de l\u2019Assembl\u00e9e nationale, dans des domaines vari\u00e9s tels la sant\u00e9, l\u2019action sociale, la culture, la cr\u00e9ation d\u2019entreprises, la lutte contre la fraude, le d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>1.2 A l\u2019initiative de la Cour<\/h4>\n<p>Ces \u00e9valuations ne sont pas une nouveaut\u00e9 pour la Cour car depuis la loi organique relative aux lois de finances (LOLF), l\u2019appr\u00e9ciation des r\u00e9sultats des politiques publiques et l\u2019analyse des causes de ces r\u00e9sultats occupent une place importante dans les contr\u00f4les et les enqu\u00eates. Les normes professionnelles des juridictions financi\u00e8res les distinguent des missions de contr\u00f4le, notamment par les notions d\u2019utilit\u00e9 et de pertinence.<\/p>\n<p>De janvier 2012 \u00e0 f\u00e9vrier 2017, la Cour a publi\u00e9 six \u00e9valuations de politiques publiques sur des sujets aussi vari\u00e9s que la politique d\u2019aide aux biocarburants, l\u2019assurance vie, les relations de l\u2019administration fiscale avec les particuliers et les entreprises, la s\u00e9curit\u00e9 des navires, la lutte contre les consommations nocives d\u2019alcool, le logement social.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les activit\u00e9s d\u2019\u00e9valuation auxquelles participent les chambres r\u00e9gionales et territoriales des comptes<\/h3>\n<h4>2.1&nbsp;&nbsp; La participation des CRTC aux \u00e9valuations et aux enqu\u00eates de la Cour<\/h4>\n<p>A l\u2019initiative de la Cour, ces enqu\u00eates ou \u00e9valuations nationales associent plusieurs CRTC, en fonction de leur comp\u00e9tence, pour participer \u00e0 la constitution d\u2019un \u00e9chantillon de territoires.<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019\u00e9valuation de la politique publique du logement social publi\u00e9e en f\u00e9vrier 2017, a comport\u00e9 l\u2019examen de territoires t\u00e9moins, choisis pour leur caract\u00e8re tr\u00e8s diff\u00e9renci\u00e9 \u00e0 partir d\u2019indicateurs. Elle a, de ce fait, impliqu\u00e9 la constitution d\u2019une formation inter juridictions associant des chambres r\u00e9gionales des comptes aux chambres comp\u00e9tentes de la Cour (5<sup>e<\/sup> chambre charg\u00e9e du logement et 1<sup>\u00e8re<\/sup> chambre charg\u00e9e du cr\u00e9dit). La Cour s\u2019est appuy\u00e9e sur les chambres r\u00e9gionales comp\u00e9tentes pour mener l\u2019\u00e9tude de cas de cinq agglom\u00e9rations et d\u2019un d\u00e9partement, et conduire des ateliers territoriaux r\u00e9unissant les parties prenantes, op\u00e9rateurs, b\u00e9n\u00e9ficiaires et responsables de l\u2019action publique.<\/p>\n<p>Le rapport public annuel 2017 pr\u00e9sente trois enqu\u00eates nationales associant des CRTC (le stationnement urbain, l\u2019accueil des gens du voyage, les grands ports maritimes), sur un total de vingt-sept chapitres. A titre d\u2019exemple, l\u2019enqu\u00eate nationale \u00ab&nbsp;le stationnement urbain&nbsp;: un cha\u00eenon manquant dans les politiques de mobilit\u00e9&nbsp;\u00bb s\u2019est appuy\u00e9e sur les examens de gestion effectu\u00e9s par dix chambres r\u00e9gionales des comptes et a concern\u00e9 quarante-cinq collectivit\u00e9s regroupant 8,8 millions d\u2019habitants, soit plus du tiers de la population habitant dans les 781 communes ayant mis en place le stationnement urbain.<\/p>\n<p>Le rapport public annuel 2015 a pr\u00e9sent\u00e9 quatre enqu\u00eates nationales associant des CRTC (les trains inter cit\u00e9s, les transports publics urbains de voyageurs, les partenariats publics priv\u00e9s des collectivit\u00e9s territoriales, la gestion directe des services d\u2019eau et d\u2019assainissement), sur un total de trente chapitres.<\/p>\n<p>Parmi la dizaine d\u2019autres rapports th\u00e9matiques publi\u00e9s par la Cour de 2015 \u00e0 2017, seul le rapport sur le maintien \u00e0 domicile des personnes \u00e2g\u00e9es d\u00e9pendantes en perte d\u2019autonomie a associ\u00e9 des CRTC.<\/p>\n<p>Tableau n\u00b0 2 : nombre d\u2019enqu\u00eates nationales auxquelles ont particip\u00e9 les CRC ou CTC, publi\u00e9es par la Cour des comptes dans le rapport public annuel (RPA)<\/p>\n<table width=\"604\">\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"100\"><strong>Nombre<\/strong><\/td>\n<td width=\"146\"><strong>RPA 2015<\/strong><\/td>\n<td width=\"77\"><strong>RPA 2016<\/strong><\/td>\n<td width=\"282\"><strong>RPA 2017<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"100\"><strong>Chapitres<\/strong><\/td>\n<td width=\"146\">30<\/td>\n<td width=\"77\">33<\/td>\n<td width=\"282\">27<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"100\"><strong>Enqu\u00eates nationales avec participation CRC, CRTC<\/strong><\/td>\n<td width=\"146\">Les trains inter cit\u00e9s<\/p>\n<p>Les transports publics urbains de voyageurs<\/p>\n<p>Les partenariats publics priv\u00e9s des collectivit\u00e9s territoriales<\/p>\n<p>La gestion directe des services d\u2019eau et d\u2019assainissement<\/td>\n<td width=\"77\">Aucune<\/td>\n<td width=\"282\">Le stationnement urbain<\/p>\n<p>L\u2019accueil et l\u2019accompagnement des gens du voyage<\/p>\n<p>Le bilan de la r\u00e9forme des grands ports maritimes<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"100\"><strong>%<\/strong><\/td>\n<td width=\"146\">13%<\/td>\n<td width=\"77\">0%<\/td>\n<td width=\"282\">11%<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><em>Source : Cour des comptes<\/em><\/p>\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p>Tableau n\u00b0 3 : autres rapports publics th\u00e9matiques auxquels ont particip\u00e9 les CRC ou CRTC, publi\u00e9s par la Cour des comptes<\/p>\n<table width=\"604\">\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"101\"><strong>Nombre<\/strong><\/td>\n<td width=\"101\"><strong>2015<\/strong><\/td>\n<td width=\"252\"><strong>2016<\/strong><\/td>\n<td width=\"151\"><strong>2017<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"101\"><strong>Rapports<\/strong><\/td>\n<td width=\"101\">3<\/td>\n<td width=\"252\">6<\/td>\n<td width=\"151\">0<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"101\"><strong>Participation CRC ou CRTC<\/strong><\/td>\n<td width=\"101\">0<\/td>\n<td width=\"252\">Le maintien \u00e0 domicile des personnes \u00e2g\u00e9es d\u00e9pendantes en perte d\u2019autonomie<\/td>\n<td width=\"151\">0<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"101\"><strong>%<\/strong><\/td>\n<td width=\"101\">0%<\/td>\n<td width=\"252\">17%<\/td>\n<td width=\"151\">Sans objet<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><em>Source : Cour des comptes<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>2.2 Les \u00e9valuations de politiques publiques locales des chambres r\u00e9gionales des comptes publi\u00e9es dans le rapport public annuel de la Cour ou par r\u00e9f\u00e9r\u00e9s<\/h4>\n<p>Les \u00e9valuations r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 l\u2019initiative des chambres r\u00e9gionales des comptes et publi\u00e9es dans le rapport public annuel (RPA) sont en nombre limit\u00e9, soit entre deux et trois par RPA, de 2015 \u00e0 2017, sur une trentaine de chapitres. Ces \u00e9valuations locales s\u2019adressent aux m\u00eames cat\u00e9gories de publics \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale&nbsp;: l\u2019ensemble des citoyens, les principaux m\u00e9dias nationaux (presse, radio, t\u00e9l\u00e9vision), le gouvernement, les \u00e9lus nationaux, les op\u00e9rateurs nationaux. En 2017, deux \u00e9valuations r\u00e9gionales ont \u00e9t\u00e9 rendu publiques dans le RPA&nbsp;: le traitement des d\u00e9chets m\u00e9nagers en Ile-de-France, et les collectivit\u00e9s locales d\u2019Auvergne-Rh\u00f4ne-Alpes et le spectacle vivant.<\/p>\n<p>La Cour des comptes dispose d\u2019un autre vecteur de communication des travaux des juridictions financi\u00e8res, le r\u00e9f\u00e9r\u00e9. Or chaque ann\u00e9e, sur une moyenne de vingt-cinq r\u00e9f\u00e9r\u00e9s adress\u00e9s par la Cour des comptes au gouvernement, un seul concerne une politique publique locale, tel celui sur la politique r\u00e9gionale en mati\u00e8re d&rsquo;espaces verts, de for\u00eats et de promenades en \u00cele-de-France, en 2016.<\/p>\n<p>Tableau n\u00b0 4 :<em>&nbsp;<\/em>nombre d\u2019enqu\u00eates locales r\u00e9alis\u00e9es par les CRC ou CRTC, publi\u00e9es par la Cour des comptes dans le rapport public annuel<\/p>\n<table width=\"604\">\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"101\"><strong>Nombre<\/strong><\/td>\n<td width=\"164\"><strong>RPA 2015<\/strong><\/td>\n<td width=\"170\"><strong>RPA 2016<\/strong><\/td>\n<td width=\"170\"><strong>RPA 2017<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"101\"><strong>Chapitres<\/strong><\/td>\n<td width=\"164\">30<\/td>\n<td width=\"170\">33<\/td>\n<td width=\"170\">27<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"101\"><strong>Enqu\u00eates locales<\/strong><\/td>\n<td width=\"164\">L\u2019avenir des stations de ski des Pyr\u00e9n\u00e9es<\/p>\n<p>Les op\u00e9rateurs publics locaux d\u2019am\u00e9nagement en Ile-de-France<\/p>\n<p>Les centres de gestion de la fonction publique territoriale de Rh\u00f4ne-Alpes et du Puy-de-D\u00f4me<\/td>\n<td width=\"170\">La fili\u00e8re de la p\u00eache \u00e0 Saint-Pierre-et-Miquelon<\/p>\n<p>Les liaisons vers les principales \u00eeles du Ponant<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me scolaire en Polyn\u00e9sie fran\u00e7aise et en Nouvelle-Cal\u00e9donie<\/td>\n<td width=\"170\">Le traitement des d\u00e9chets m\u00e9nagers en Ile-de-France<\/p>\n<p>Les collectivit\u00e9s locales&nbsp; d\u2019Auvergne-Rh\u00f4ne Alpes et le spectacle vivant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"101\"><strong>%<\/strong><\/td>\n<td width=\"164\">10%<\/td>\n<td width=\"170\">9%<\/td>\n<td width=\"170\">7%<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><em>Source : Cour des comptes<\/em><\/p>\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p>Tableau n\u00b0 5 :<em>&nbsp;<\/em>nombre de r\u00e9f\u00e9r\u00e9s publi\u00e9s par la Cour des comptes, de r\u00e9f\u00e9r\u00e9s portant sur des enqu\u00eates locales des CRC ou CRTC, r\u00e9pertori\u00e9s dans le rapport public annuel<\/p>\n<table width=\"604\">\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"101\"><strong>Nombre<\/strong><\/td>\n<td width=\"107\"><strong>RPA 2015<\/strong><\/td>\n<td width=\"151\"><strong>RPA 2016<\/strong><\/td>\n<td width=\"246\"><strong>RPA 2017<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"101\"><strong>R\u00e9f\u00e9r\u00e9s<\/strong><\/td>\n<td width=\"107\">25<\/td>\n<td width=\"151\">24<\/td>\n<td width=\"246\">26<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"101\"><strong>R\u00e9f\u00e9r\u00e9s sur enqu\u00eates locales<\/strong><\/td>\n<td width=\"107\">La situation du territoire de Wallis-et-Futuna<\/td>\n<td width=\"151\">La gestion publique de la mutation industrielle du bassin de Lacq<\/td>\n<td width=\"246\">La politique r\u00e9gionale en mati\u00e8re d&rsquo;espaces verts, de for\u00eats et de promenades en \u00cele-de-France<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"101\"><strong>%<\/strong><\/td>\n<td width=\"107\">4%<\/td>\n<td width=\"151\">4%<\/td>\n<td width=\"246\">4%<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><em>Source : Cour des comptes<\/em><\/p>\n<p><em>&nbsp;<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>B.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9valuation des politiques publiques locales<\/h2>\n<h3>1.1 Un enjeu d\u2019information des citoyens au niveau local sur les politiques men\u00e9es sur leur territoire<\/h3>\n<p>L\u2019article&nbsp;15 de la D\u00e9claration des Droits de l\u2019Homme et du Citoyen dispose que, \u00ab&nbsp;<em>La soci\u00e9t\u00e9 a le droit de demander compte \u00e0 tout agent public de son administration <\/em>\u00bb. L\u2019information des citoyens sur la qualit\u00e9 de la gestion publique, sa r\u00e9gularit\u00e9, sa performance, constitue donc objectif constitutionnel g\u00e9n\u00e9ral qui s\u2019incarne dans les contr\u00f4les men\u00e9s et leur communication publique. Cet objectif a encore \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9 en \u00e9tendant le champ de comp\u00e9tence des juridictions financi\u00e8res par la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre syst\u00e8me de sant\u00e9 aux \u00e9tablissements sociaux et m\u00e9dico-sociaux priv\u00e9s, ainsi qu\u2019aux \u00e9tablissements de sant\u00e9 priv\u00e9s.<\/p>\n<p>Si l\u2019\u00e9valuation des politiques publiques nationales par la Cour des comptes s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e relativement r\u00e9cemment, sa d\u00e9clinaison aux politiques publiques locales par les chambres r\u00e9gionales des comptes demeure encore embryonnaire. A l\u2019\u00e9chelon local, l\u2019information des citoyens sur l\u2019action des administrations publiques locales reste \u00e0 d\u00e9velopper.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9valuation de politiques publiques nationales, les situations r\u00e9gionales diverses voire contrast\u00e9es justifient l\u2019essor de l\u2019\u00e9valuation locale. La mise en \u0153uvre de nombreuses politiques publiques nationales telles que le transport, le d\u00e9veloppement \u00e9conomique, les \u00e9quipements culturels et sportifs, l\u2019action sociale, rel\u00e8ve \u00e0 la fois de l\u2019\u00c9tat et des collectivit\u00e9s locales, et se distinguent d\u2019un territoire \u00e0 l\u2019autre en raison de leur grande diversit\u00e9. Les r\u00e9formes territoriales ont renforc\u00e9 le pouvoir des collectivit\u00e9s locales dans la mise en \u0153uvre de ces politiques et modifi\u00e9 l\u2019articulation des actions des services de l\u2019\u00c9tat et des services locaux.<\/p>\n<p>Si l\u2019\u00e9valuation au niveau national des politiques publiques est indispensable pour donner une vision d\u2019ensemble aux acteurs de niveau national tels les \u00e9lus nationaux, les administrations centrales, les \u00e9tablissements publiques nationaux, les m\u00e9dias nationaux, \u00e0 l\u2019\u2019inverse, l\u2019\u00e9valuation au niveau local des politiques publiques doit n\u00e9cessairement prendre en compte, pour \u00eatre pertinente, la sp\u00e9cificit\u00e9 et la diversit\u00e9 de leur conception et de leur mise en \u0153uvre en fonction des territoires et de leurs particularit\u00e9s. Elle doit donner une vision r\u00e9gionale aux acteurs de niveau local, citoyens, \u00e9lus locaux, administrations locales (\u00c9tat, collectivit\u00e9s, h\u00f4pitaux), \u00e9tablissements publics et m\u00e9dias locaux, car la plupart des politiques publiques sont territorialis\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>1.2 Les chambres r\u00e9gionales des comptes sont l\u00e9gitimes pour mener des missions d\u2019\u00e9valuation des politiques publiques locales<\/h3>\n<p>La l\u00e9gitimit\u00e9 des chambres r\u00e9gionales des comptes \u00e0 \u00e9valuer les politiques publiques locales est multiple&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li>bien que juridictions ind\u00e9pendantes, les chambres forment avec la Cour un ensemble juridictionnel homog\u00e8ne et sont soumises aux m\u00eames normes professionnelles&nbsp;;<\/li>\n<li>les chambres en tant que juridictions financi\u00e8res rel\u00e8vent du m\u00eame programme budg\u00e9taire que la Cour des comptes&nbsp;;<\/li>\n<li>elles assistent d\u00e9j\u00e0 la Cour dans ses missions d\u2019\u00e9valuation en participant aux enqu\u00eates et \u00e9valuations nationales&nbsp;;<\/li>\n<li>leur comp\u00e9tence de contr\u00f4le s\u2019exerce d\u2019une part sur les collectivit\u00e9s territoriales et les organismes li\u00e9s, d\u2019autre part sur des \u00e9tablissement publics nationaux par d\u00e9l\u00e9gation&nbsp;;<\/li>\n<li>elles sont un lieu d\u2019expertise et de connaissance des collectivit\u00e9s territoriales, de leurs \u00e9tablissements, du contexte et des acteurs r\u00e9gionaux&nbsp;;<\/li>\n<li>leur ressort territorial, suite au resserrement de leur r\u00e9seau par les lois du 13 d\u00e9cembre 2011 et du 16 janvier 2015, correspond \u00e0 celui des treize nouvelles r\u00e9gions.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Certaines chambres territoriales des comptes exercent d\u00e9j\u00e0 des comp\u00e9tences \u00e9largies.<\/p>\n<p>Compte tenu du statut particulier de la Polyn\u00e9sie fran\u00e7aise, la chambre territoriale des comptes de la Polyn\u00e9sie fran\u00e7aise s\u2019est vue attribuer des comp\u00e9tences sp\u00e9cifiques additionnelles. Au champ classique des collectivit\u00e9s territoriales s\u2019ajoute en effet celui de la collectivit\u00e9 de Polyn\u00e9sie fran\u00e7aise. Ses comp\u00e9tences de contr\u00f4le incluent \u00e9galement les \u00e9tablissements publics et organismes de droit priv\u00e9 qui lui sont rattach\u00e9s. La chambre est ainsi amen\u00e9e \u00e0 examiner des secteurs d\u2019activit\u00e9 qui rel\u00e8vent en m\u00e9tropole de la Cour des comptes elle-m\u00eame, tels le transport a\u00e9rien, les postes et t\u00e9l\u00e9communications, le secteur bancaire ou l\u2019audiovisuel. Plusieurs de ses travaux qui ont port\u00e9 sur le syst\u00e8me de sant\u00e9, le tourisme, le syst\u00e8me scolaire, ont donn\u00e9 lieu \u00e0 des contributions aux rapports publics de la Cour des comptes. La r\u00e9cente loi de programmation sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 r\u00e9elle outre-mer du 28 f\u00e9vrier 2017 a donn\u00e9 aux chambres r\u00e9gionales et territoriales des comptes une nouvelle mission portant sur l\u2019examen de la mise en \u0153uvre des strat\u00e9gies de convergence \u00e9labor\u00e9es par l\u2019\u00c9tat et les collectivit\u00e9s concern\u00e9es.<\/p>\n<p>Il est donc propos\u00e9&nbsp;:<\/p>\n<h3>\u00b7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; d\u2019inscrire la mission d\u2019\u00e9valuation de mise en \u0153uvre des politiques publiques au niveau local dans les comp\u00e9tences des CRTC&nbsp;;<\/h3>\n<h3>\u00b7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; de coordonner la programmation, le suivi et la publication des \u00e9valuations de politiques publiques au sein d\u2019une chambre transversale de la Cour, \u00e0 constituer, o\u00f9 si\u00e8ge, de droit, les pr\u00e9sidents de chambre r\u00e9gionale et territoriale des comptes&nbsp;;<\/h3>\n<h3>\u00b7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; d\u2019augmenter significativement le nombre de publications des juridictions financi\u00e8res (r\u00e9f\u00e9r\u00e9s, rapport public annuel, rapports publics th\u00e9matiques) traitant de l\u2019\u00e9valuation d\u2019une politique publique par les chambres r\u00e9gionales et territoriales des comptes.<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>IV.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Garantir l\u2019ind\u00e9pendance des magistrats financiers<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><a name=\"_Toc482084591\"><\/a><strong> Une condition essentielle \u00e0 l\u2019exercice des missions des juridictions financi\u00e8res&nbsp;: l\u2019ind\u00e9pendance des magistrats<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><a name=\"_Toc482084592\"><\/a><strong>Une exigence partag\u00e9e par les instances sup\u00e9rieures de contr\u00f4le europ\u00e9enne, avec des modes d\u2019organisation variables<\/strong><strong>&nbsp; <\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Au sein de l\u2019Organisation internationale des institutions sup\u00e9rieures de contr\u00f4le des finances publiques (Intosai) cohabitent principalement deux mod\u00e8les d\u2019institutions sup\u00e9rieures de contr\u00f4le (ISC)&nbsp;: un mod\u00e8le non juridictionnel, souvent rattach\u00e9 au Parlement, en vigueur dans les pays anglo-saxons, et un mod\u00e8le juridictionnel, ind\u00e9pendant des pouvoirs ex\u00e9cutif et l\u00e9gislatif, dont la Cour des comptes fran\u00e7aise, cr\u00e9\u00e9e en 1807, est embl\u00e9matique. Dans les ISC juridictionnelles, des garanties l\u00e9gales d\u2019ind\u00e9pendance et d\u2019inamovibilit\u00e9 couvrent les membres qui assurent simultan\u00e9ment des fonctions juridictionnelles et d\u2019audit. Ces ISC sont autonomes dans la d\u00e9termination de leur programme de travail et la gestion de leurs moyens.<\/p>\n<p>Dans ce mod\u00e8le juridictionnel, les modes d\u2019organisation varient d\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre. La coll\u00e9gialit\u00e9 est la r\u00e8gle, mais le statut individuel des personnels diff\u00e8re. En Allemagne par exemple, les membres des juridictions financi\u00e8res au niveau f\u00e9d\u00e9ral comme dans les L\u00e4nder ne sont pas des magistrats, mais des fonctionnaires de carri\u00e8re ou des contractuels. La Constitution leur assure cependant la m\u00eame protection juridique qu\u2019aux juges des juridictions supr\u00eames f\u00e9d\u00e9rales&nbsp;: ils sont nomm\u00e9s \u00e0 vie et leur ind\u00e9pendance est garantie<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<ol>\n<li><a name=\"_Toc482084593\"><\/a><strong>Les juridictions financi\u00e8res en France&nbsp;: une ind\u00e9pendance effective, qui peut toutefois encore progresser<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>En France, comme dans l\u2019ordre judiciaire, les membres des juridictions financi\u00e8res sont des magistrats, nomm\u00e9s par d\u00e9cret du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, et inamovibles<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Lors de leur prise de fonction, ils pr\u00eatent serment.<\/p>\n<p>Les magistrats financiers ont fait le choix de ce m\u00e9tier parce qu\u2019ils sont attach\u00e9s aux valeurs d\u2019ind\u00e9pendance, d\u2019impartialit\u00e9, de neutralit\u00e9, et \u00e0 la d\u00e9fense de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Les obligations qui s\u2019imposent aux magistrats telles que les rappelle la charte de d\u00e9ontologie, renforc\u00e9es par la loi &nbsp;d\u00e9ontologie, droits et obligations des fonctionnaires d\u2019avril 2016 qui pr\u00e9voit d\u00e9sormais une d\u00e9claration d\u2019int\u00e9r\u00eat, y compris ceux relatifs aux activit\u00e9s du conjoint, sont autant de garanties d\u2019un exercice ind\u00e9pendant des fonctions de magistrat. La coll\u00e9gialit\u00e9 des d\u00e9lib\u00e9r\u00e9s conforte ces garanties en ce qu\u2019elle prot\u00e8ge le rapporteur de ses propres pr\u00e9jug\u00e9s, par confrontation de son opinion \u00e0 celle de ses pairs.<\/p>\n<p>Comme pour l\u2019ordre judiciaire, les instances charg\u00e9es de veiller au respect des garanties apport\u00e9es par le statut de magistrat sont&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li>les Conseils sup\u00e9rieurs de la Cour et des chambres r\u00e9gionales des comptes&nbsp;;<\/li>\n<li>la mission d\u2019inspection.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces instances peuvent \u00eatre encore am\u00e9lior\u00e9es dans leur fonctionnement, et se rapprocher de ce qui existe dans l\u2019ordre judiciaire.<\/p>\n<p>Le coll\u00e8ge de d\u00e9ontologie, dont le r\u00f4le est d\u2019\u00e9viter tout conflit d\u2019int\u00e9r\u00eat et qui comprend deux magistrats, pourrait ainsi, sur le mod\u00e8le du coll\u00e8ge de d\u00e9ontologie des commissaires aux comptes, voir sa composition \u00e9voluer (de cinq membres dont seulement deux magistrats, \u00e0 neuf magistrats dont un pr\u00e9sident nomm\u00e9 par le Premier pr\u00e9sident, deux magistrats de l\u2019ordre administratif ou judiciaire, trois personnalit\u00e9s qualifi\u00e9es, trois magistrats \u00e9lus). Son rapport annuel pourrait \u00eatre communiqu\u00e9 au Garde des sceaux. Parmi les indicateurs mentionn\u00e9s dans ce rapport pourrait figurer le nombre de d\u00e9ports de magistrats dans le cadre d\u2019instruction ou de d\u00e9lib\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>Il est donc propos\u00e9&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li>de modifier la composition du coll\u00e8ge de d\u00e9ontologie des juridictions financi\u00e8res.<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li><a name=\"_Toc482084594\"><\/a><strong> Des garanties d\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 renforcer<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<ol>\n<li><a name=\"_Toc482084595\"><\/a><strong>Une composition et un fonctionnement des Conseils sup\u00e9rieurs \u00e0 aligner sur le mod\u00e8le du Conseil sup\u00e9rieur de la magistrature<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Le code des juridictions financi\u00e8res, qui r\u00e8gle la composition et le fonctionnement des Conseils sup\u00e9rieurs des juridictions financi\u00e8res, organise une v\u00e9ritable tutelle de l\u2019administration sur le corps des magistrats financiers. Elle n\u2019est ni conforme aux recommandations du Conseil de l\u2019Europe, selon lequel au moins la moiti\u00e9 des membres de ces conseils devraient \u00eatre des magistrats choisis par leurs pairs, ni m\u00eame adapt\u00e9e aux comp\u00e9tences \u00e9largies aujourd\u2019hui attribu\u00e9es aux comit\u00e9s techniques et instances paritaires.<\/p>\n<p>En prenant exemple sur le fonctionnement du Conseil sup\u00e9rieur de la magistrature, le SJFu propose pour les conseils sup\u00e9rieurs des juridictions financi\u00e8res&nbsp;:<\/p>\n<p>\u25aa&nbsp;de revoir leur composition en portant \u00e0 neuf le nombre de si\u00e8ges de magistrats de chambre et en organisant mieux la parit\u00e9 entre les repr\u00e9sentants des magistrats et ceux de l\u2019administration et les personnalit\u00e9s qualifi\u00e9es&nbsp;;<\/p>\n<p>\u25aa&nbsp;de renforcer le r\u00f4le d\u00e9cisionnel et consultatif de ces instances (\u00e9largissement du champ des avis conformes, avis sur les sanctions disciplinaires de magistrats, exercice des comp\u00e9tences du comit\u00e9 technique)&nbsp;;<\/p>\n<p>\u25aa&nbsp;d\u2019am\u00e9liorer encore la transparence sur les processus de nominations et de promotions dont il est saisi (crit\u00e8res objectifs, audition des candidats, vote \u00e0 bulletins secrets sur les candidatures).<\/p>\n<p>\u25aa&nbsp;dans certains cas (touchant par exemple \u00e0 l\u2019organisation des JF), et <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/eli\/decret\/2015\/7\/29\/RDFF1514672D\/jo\">dans l\u2019esprit du d\u00e9cret n\u00b0&nbsp;2015-932 du 29 juillet 2015<\/a>, de pr\u00e9voir la possibilit\u00e9 d\u2019une r\u00e9union conjointe du Conseil sup\u00e9rieur de la Cour et de celui des CRTC.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il est donc propos\u00e9&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li>de modifier la composition et le fonctionnement du Conseil sup\u00e9rieur des CRTC.<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li><a name=\"_Toc482084596\"><\/a><strong>Un champ d\u2019action des missions d\u2019inspection \u00e0 consolider<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>La Cour est dot\u00e9e d\u2019une mission permanente d\u2019audit, de contr\u00f4le et d\u2019inspection. Celle-ci est charg\u00e9e d\u2019assurer le contr\u00f4le des services, l\u2019audit des chambres et formations d\u00e9lib\u00e9rantes de la Cour et toute mission d\u2019inspection que lui confie le Premier pr\u00e9sident. Elle comprend \u00e9galement une mission permanente d\u2019inspection des chambres r\u00e9gionales des comptes, r\u00f4le confi\u00e9 par le l\u00e9gislateur \u00e0 la Cour des comptes en 1988, cinq ans apr\u00e8s la cr\u00e9ation des CRTC.<\/p>\n<p>Les m\u00e9thodes de travail et les objectifs de ces deux structures sont tr\u00e8s proches&nbsp;: appr\u00e9cier l&rsquo;activit\u00e9, le fonctionnement et la performance des juridictions, des directions et services soumis \u00e0 son contr\u00f4le ainsi que, dans le cadre d&rsquo;une mission d&rsquo;enqu\u00eate, la mani\u00e8re de servir des personnels. Les responsables des missions d\u2019inspection pr\u00e9sentent toutes recommandations et observations utiles au Premier pr\u00e9sident.<\/p>\n<p>Afin de tenir compte de la r\u00e9alit\u00e9 des travaux des juridictions financi\u00e8res (qui m\u00e9nage une part de plus en plus importante de missions communes entre la Cour et les CRC), le SJFu propose de cr\u00e9er, sur le mod\u00e8le des inspections g\u00e9n\u00e9rales des minist\u00e8res (par exemple celle du minist\u00e8re de la Justice, cr\u00e9\u00e9e en 2017), une mission d\u2019inspection unique avec comp\u00e9tence sur l\u2019ensemble des juridictions financi\u00e8res, et de la rattacher directement au Premier pr\u00e9sident.<\/p>\n<p>Le chef de la mission d\u2019inspection pr\u00e9senterait chaque ann\u00e9e au Premier pr\u00e9sident puis devant les conseils sup\u00e9rieurs des juridictions financi\u00e8res un rapport sur l&rsquo;ensemble de ses activit\u00e9s et sur l&rsquo;\u00e9tat des juridictions, directions, et services soumis \u00e0 son contr\u00f4le tel qu&rsquo;il r\u00e9sulte des informations recueillies et des constatations effectu\u00e9es au cours des missions r\u00e9alis\u00e9es.<\/p>\n<p>Pour assurer l\u2019impartialit\u00e9 des recommandations et garantir l\u2019ind\u00e9pendance des magistrats, les membres de la mission d\u2019inspection ou les inspecteurs plac\u00e9s sous ses ordres ne devraient disposer d\u2019aucun pouvoir hi\u00e9rarchique sur les responsables des juridictions, directions et services qu\u2019ils contr\u00f4lent, ni intervenir dans les processus de s\u00e9lection ou de nomination des personnels.<\/p>\n<p>Il est donc propos\u00e9&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li>de modifier la composition et le fonctionnement de la mission permanente d\u2019audit, de contr\u00f4le et d\u2019inspection de chambres, sur le mod\u00e8le des inspections g\u00e9n\u00e9rales des minist\u00e8res.<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li><a name=\"_Toc482084597\"><\/a><strong>Une gestion des ressources humaines \u00e0 reconsid\u00e9rer<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>L\u2019ind\u00e9pendance doit \u00eatre \u00e9galement assur\u00e9e par une gestion plus professionnelle et transparente des r\u00e8gles de recrutement.<\/p>\n<p>Les comp\u00e9tences et le niveau de recrutement attendus devraient \u00eatre plus clairement d\u00e9finis&nbsp;et les candidatures soumises \u00e0 l\u2019avis des Conseils sup\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>La formation \u00e0 l\u2019entr\u00e9e dans les fonctions de magistrat pourrait \u00e9galement \u00eatre renforc\u00e9e (par exemple sur 2 \u00e0 3 mois) pour tous les nouveaux magistrats afin de les sensibiliser aux enjeux d\u00e9ontologiques et professionnels, dans l\u2019esprit de la formation dispens\u00e9e \u00e0 tous les nouveaux arrivants dans les juridictions administratives.<\/p>\n<p>Par ailleurs, les juridictions financi\u00e8res accueillent de nombreux cadres d\u2019autres corps. Il serait n\u00e9cessaire de d\u00e9finir plus pr\u00e9cis\u00e9ment les conditions de cet accueil, en particulier les r\u00e8gles qui pr\u00e9sident \u00e0 l\u2019int\u00e9gration en fin de d\u00e9tachement. Compte tenu du fonctionnement des chambres, il serait \u00e9galement opportun de d\u00e9finir des proportions maximales de d\u00e9tach\u00e9s \u00e0 observer sur l\u2019effectif d\u2019ensemble du corps (20 % des effectifs du corps) mais aussi par chambre (40 % des effectifs du corps dans la chambre).<\/p>\n<p>\u00c0 d\u00e9faut de garantie d\u2019inamovibilit\u00e9 et dans la mesure o\u00f9 l\u2019avis du pr\u00e9sident de la chambre est d\u00e9terminant dans leur int\u00e9gration, les magistrats d\u00e9tach\u00e9s sont en effet confront\u00e9s \u00e0 une incertitude qui nuit \u00e0 l\u2019exercice d\u2019une pleine ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p>Il est donc propos\u00e9&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li>de clarifier les modalit\u00e9s de recrutement des magistrats financiers et de renforcer la formation initiale \u00e0 la prise de fonction ;<\/li>\n<li>d\u2019instaurer un cadre transparent pour le recours \u00e0 des rapporteurs en d\u00e9tachement entrant, avec un plafond d\u2019emploi par chambre, et une proc\u00e9dure national de recrutement les concernant.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><strong>Synth\u00e8se<\/strong><\/p>\n<p>Afin d\u2019am\u00e9liorer l\u2019efficience de politiques publiques, tout en contribuant \u00e0 moraliser l\u2019action administrative et politique, le r\u00f4le des juridictions financi\u00e8res doit \u00eatre accru, et leur fonctionnement optimis\u00e9. Cette exigence s\u2019inscrit dans le profond mouvement de r\u00e9novation de l\u2019action publique depuis quinze ans, dans le sens d\u2019une plus grande transparence, lisibilit\u00e9 et d\u00e9centralisation de cette action&nbsp;(LOLF, Acte 2, Acte 3, grandes lois de moralisation, etc.)<\/p>\n<p>Ce livre blanc a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 par le Syndicat des juridictions financi\u00e8res unifi\u00e9 (SJFu) afin d\u2019\u00e9clairer le d\u00e9bat concernant d\u2019\u00e9ventuelles d\u00e9cisions \u00e0 prendre en la mati\u00e8re.<\/p>\n<p>En premier lieu, les juridictions financi\u00e8res devront mieux assurer leur mission d\u2019\u00e9valuation, de contr\u00f4le de la r\u00e9gularit\u00e9 et de la probit\u00e9 afin de contribuer pleinement \u00e0 la moralisation de la vie politique et administrative par un v\u00e9ritable r\u00e9gime de responsabilit\u00e9 des gestionnaires publics.<\/p>\n<p>En effet, le r\u00e9gime actuel de responsabilit\u00e9 des ordonnateurs et des comptables, que ce soit devant la Cour des discipline et budg\u00e9taire et financi\u00e8re ou devant le juge des comptes, est aujourd\u2019hui peu efficace et inadapt\u00e9, notamment au regard de l\u2019effacement progressif de la s\u00e9paration des ordonnateurs et des comptables, et des nouveaux enjeux des finances publiques, notamment l\u2019\u00e9quilibre des comptes et la certification. Aussi, il est propos\u00e9 de remplacer ce double r\u00e9gime de responsabilit\u00e9 par un r\u00e9gime unique de responsabilit\u00e9, confi\u00e9 \u00e0 la Cour des comptes et aux chambre r\u00e9gionales de comptes, dont seraient justiciables tous les gestionnaires publics, y compris les membres du gouvernement et les ordonnateurs locaux, destin\u00e9 \u00e0 sanctionner les manquements aux r\u00e8gles d\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9penses et des recettes publiques.&nbsp;<\/p>\n<p>En particulier, le contr\u00f4le de la gestion se traduit aujourd\u2019hui par des observations et des recommandations, qui par leur intitul\u00e9 m\u00eame, traduisent leur caract\u00e8re peu contraignant. Il conviendrait de doter les juridiction financi\u00e8re d\u2019un pouvoir d\u2019injonction, lorsque des ill\u00e9galit\u00e9s manifestes sont relev\u00e9es. En cas d\u2019inobservation de ces injonctions, le juge financier pourrait prononcer des sanctions vis-\u00e0-vis des gestionnaires locaux.<\/p>\n<p>En deuxi\u00e8me lieu, la mission des juridictions financi\u00e8re de participer \u00e0 la l\u2019am\u00e9lioration de la performance publique ne devrait plus \u00eatre frein\u00e9e par le morcellement des contr\u00f4les des chambres r\u00e9gionales des comptes, et par l\u2019absence de r\u00f4le explicite de celles-ci dans la mission d\u2019\u00e9valuation, aujourd\u2019hui du seul ressort de la Cour des comptes.<\/p>\n<p>En effet, le contr\u00f4le de la gestion que r\u00e9alisent actuellement les chambres r\u00e9gionales de comptes sur le secteur public local est aujourd\u2019hui trop morcel\u00e9. Aussi, il est propos\u00e9 de cr\u00e9er la possibilit\u00e9 d\u2019un contr\u00f4le unique portant \u00e0 la fois sur un EPCI et ses communes membres, et d\u2019instaurer un mode de contr\u00f4le impliquant les partenaires publics de la collectivit\u00e9 concern\u00e9e par une politique publique, en partageant les comp\u00e9tences sur les services d\u00e9concentr\u00e9s de l\u2019\u00c9tat et des op\u00e9rateurs publics nationaux entre la Cour des comptes et les CRTC. Il serait \u00e9galement souhaitable d\u2019introduire la possibilit\u00e9 de publication de rapports publics locaux r\u00e9gionaux.<\/p>\n<p>La mission d\u2019\u00e9valuation de politiques publiques est essentiellement exerc\u00e9e sous l\u2019\u00e9gide de la Cour des comptes, qui l\u2019exerce, de fait, avec le concours des CRTC. Il conviendrait de confier une comp\u00e9tence identique aux CRTC et de leur donner les moyens ad\u00e9quats.<\/p>\n<p>En troisi\u00e8me lieu, les missions \u00e9voqu\u00e9es ci-dessus seraient mieux assur\u00e9es si l\u2019ind\u00e9pendance des magistrats financiers \u00e9tait encore renforc\u00e9e. \u00c0 l\u2019image de ce qui se pratique dans les juridictions judiciaires, le Conseil sup\u00e9rieur des chambres r\u00e9gionales des comptes devrait \u00eatre organis\u00e9 de mati\u00e8re paritaire, et dot\u00e9 d\u2019un pouvoir d\u2019avis conforme. Il devrait aussi pouvoir \u00eatre r\u00e9uni avec le Conseil sup\u00e9rieur de la Cour des comptes, lorsque les sujets abord\u00e9s le requi\u00e8rent. La mission d\u2019inspection des CRTC devrait \u00eatre commune \u00e0 toutes les JF et rattach\u00e9e directement au Premier pr\u00e9sident de la Cour des comptes. Le Coll\u00e8ge de d\u00e9ontologie devrait \u00e9galement voir ses pr\u00e9rogatives renforc\u00e9es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Rapport sur la situation financi\u00e8re et la gestion des collectivit\u00e9s territoriales et de leurs \u00e9tablissements publics &#8211; Octobre 2016<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Le contr\u00f4le sup\u00e9rieur des finances publiques en Allemagne&nbsp;: la Bundesrechnungshof, Daniele Lamarque, Revue des finances publiques, septembre 2008.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Le droit \u00e0 l\u2019inamovibilit\u00e9 de chaque magistrat est inscrit dans le code des juridictions financi\u00e8res (articles L.&nbsp;120-1 et L.&nbsp;220-1). Le magistrat ne peut recevoir, sans son consentement, une affectation nouvelle, m\u00eame en avancement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ch\u00e8res coll\u00e8gues, chers coll\u00e8gues, A l\u2019issue de leurs travaux en ateliers, les membres du syndicats, r\u00e9unis en congr\u00e8s, les 17 et 18 novembre dernier, ont d\u00e9cid\u00e9 de r\u00e9diger un livre blanc consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019avenir des juridictions financi\u00e8res. A cette fin, une \u00e9quipe projet compos\u00e9e de 12 adh\u00e9rents s\u2019est r\u00e9unie en<a href=\"https:\/\/sjfu.fr\/intranet\/2017\/05\/10\/reagissez-a-la-lecture-de-lavant-projet-de-livre-blanc-des-juridictions-financieres\/\" class=\"read-more\">Read the Rest&#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-1823","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sjfu.fr\/intranet\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1823","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sjfu.fr\/intranet\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sjfu.fr\/intranet\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sjfu.fr\/intranet\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sjfu.fr\/intranet\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1823"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/sjfu.fr\/intranet\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1823\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1836,"href":"https:\/\/sjfu.fr\/intranet\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1823\/revisions\/1836"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sjfu.fr\/intranet\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1823"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sjfu.fr\/intranet\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1823"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sjfu.fr\/intranet\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1823"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}