Face à face

Face a faceStéphane PINTRE, Président du SNDGCT – Vincent SIVRÉ, Président du SJFu

SNDGCT – SJFu, un face à face qui se traduit aisément par une collaboration «main dans la main» ! Les deux syndicats ont organisé le 16 octobre dernier leur troisième Journée d’échanges professionnels au Palais du Luxembourg à Paris. Carrefour de témoignages d’experts de terrain et d’universitaires, cette journée traduit une volonté commune de partager les expériences professionnelles et les outils au service de l’intérêt général.

Dans quel contexte s’inscrit cette journée ?

Stéphane PINTRE : Nous sommes dans un contexte très particulier de mutations de l’organisation territoriale et des compétences des collectivités. Tout d’abord avec la promulgation de la loi NOTRe, mais également avec la réforme de l’Administration Territoriale de l’État, conséquence de la loi relative à la délimitation des régions. Directions Générales des Services et Chambres Régionales des Comptes, nous sommes tous concernés.

L’endettement sans précédent de l’État et la nécessité de rétablir les comptes publics ont amené l’État à diminuer ses concours financiers aux collectivités territoriales.

Une baisse de 11 milliards d’euros entre 2015 et 2017 dont la brutalité ne peut être compensée dans des délais aussi courts par la mise en œuvre d’une économie structurelle.

Une baisse de 11 milliards d’euros qui va peser très lourdement sur les budgets des collectivités locales déjà fortement obérées, comme vient enfin de le reconnaître la Cour des Comptes dans son rapport annuel des finances locales par l’impact des nombreuses décisions que l’État impose aux collectivités locales. 

La mobilité professionnelle entre la Fonction Publique Territoriale et la Fonction Publique d’État a été l’un des sujets phares de cette journée. Quel rôle peut-elle jouer ?

Vincent SIVRÉ : Nous avons en effet choisi cette année deux thèmes de tables rondes : les parcours croisés et l’impact de la loi NOTRe sur la fonction de DGS. La réforme territoriale et la réforme de l’État en région amorcent aussi un rapprochement de plus en plus audacieux entre la Fonction Publique Territoriale et la Fonction Publique d’État. La conduite de politiques publiques, associant étroitement les compétences régaliennes de l’État et les compétences des collectivités territoriales, ne peut se concevoir sans la multiplication d’allers et de retours de cadres supérieurs et dirigeants entre les deux fonctions publiques.

Nous nous donnons donc pour mission de mener une réflexion prospective globale sur les besoins des cadres supérieurs et dirigeants de l’État et des collectivités territoriales, et d’ouvrir des voies communes et réciproques en matière de mobilité professionnelle.

L’organisation de telles mobilités est essentielle au développement des compétences techniques, managériales et comportementales nécessaires à l’exercice d’emplois de haut niveau. L’empêcher par une rigidité excessive du cadre juridique les régissant ou par des pratiques de gestion restrictives, empreintes de lourdeurs sociologiques, ne facilite pas le renforcement de la cohérence de l’action de l’État en région avec celle des collectivités territoriales.

Ces allers et retours peuvent soulever des risques juridiques ou financiers. Ceux-ci doivent être identifiés, analysés puis gérés avec discernement. Il ne s’agit pas de mettre des obstacles ici ou là à la mobilité professionnelle en invoquant des conflits d’intérêt. Il s’agit de concevoir une politique de mobilité professionnelle véritablement ouverte, animée par des gestionnaires dédiés à cette mission, outillée et encadrée par un dispositif de prévention des risques déontologiques pertinent.

Votre ressenti à l’issue de cette journée commune ?

Stéphane PINTRE : Nous avons établi depuis plusieurs années des relations partenariales avec les magistrats des Chambres Régionales des Comptes, dont le point d’orgue est l’organisation de cette journée. Il s’agit d’un moment à la fois d’intérêt professionnel et de convivialité, qui rencontre un succès de qualité au regard de la richesse des débats. Cette étroite collaboration doit être renforcée et valorisée car chaque Fonction Publique a nécessairement besoin de mieux connaître et apprécier les contributions de l’autre.

Vincent SIVRÉ : C’est toujours un plaisir de pouvoir rencontrer les collègues du SNDGCT. Ces journées sont très stimulantes car elles offrent l’opportunité d’assister à des interventions de grande qualité telle que celle de Michel Bouvier, grand témoin 2015, de partager nos expériences ou encore d’élaborer des projets communs. Cette édition nous a fait prendre collectivement conscience que nous avons tout intérêt à travailler ensemble pour favoriser le développement de mobilités croisées de cadres supérieurs entre la Fonction Publique Territoriale et la Fonction Publique d’État.

 

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